Faux voyages scolaires : prolifération inquiétante des arnaques aux calendriers vendus par des mineurs
Plusieurs communes de l'ouest de la France et d'Eure-et-Loir font face à une vague de sollicitations frauduleuses sur le pas de leur porte. Des enfants se présentent chez les habitants pour leur réclamer de l'argent liquide en affirmant financer un séjour éducatif. Alertés par ces manœuvres, municipalités et chefs d'établissement invitent la population à la plus grande prudence face à ce piège bien rodé.
Des faux collégiens au pas de porte et une alerte générale dès la rentrée
Dès la première quinzaine de septembre, les signalements se sont accumulés à Châteaubriant en Loire-Atlantique, mais aussi dans le Morbihan à Neulliac et Cléguérec, ainsi qu'en Eure-et-Loir. Le scénario reste identique à chaque passage : des mineurs âgés de 12 à 15 ans frappent aux portes des résidents pour vendre des calendriers 2027 ou des cartes postales illustrées.
Pour convaincre leurs interlocuteurs de leur remettre des pièces ou des billets de banque, les démarcheurs prétendent réunir le budget d'un voyage scolaire vers Barcelone ou l'Italie.
Face à la prolifération de ces sollicitations, les municipalités ont publié des avis d'alerte officiels pour démentir toute initiative scolaire. Les établissements concernés réfutent catégoriquement ces démarches. La direction du collège-lycée Saint-Joseph de Châteaubriant a ainsi prévenu les familles : "On nous a signalé que des enfants font du porte à porte à Châteaubriant en se présentant comme des élèves du collège Saint Joseph. Ils prétextent vendre des calendriers pour financer un voyage scolaire à Barcelone. C'est une arnaque, ils ne sont pas scolarisés chez nous."
Un constat partagé par la mairie de Cléguérec concernant un autre établissement : "Attention : il s'agit d'une escroquerie. Le collège Romain Rolland n'organise actuellement aucune vente au profit d'une action pédagogique."
Les mécanismes d'un subterfuge précoce et les risques de vol par ruse
Cette manœuvre devance de plusieurs mois la période traditionnelle des étrennes pour surprendre les riverains et exploiter la sympathie naturelle liée à la reprise des cours. Les instigateurs s'appuient sur de jeunes adolescents afin d'abaisser les barrières de méfiance, ciblant en priorité les personnes âgées ou isolées.
En plus de la perte pécuniaire immédiate, les forces de l'ordre redoutent des opérations de repérage destinées à préparer des vols par ruse. L'attention de l'occupant est facilement détournée lorsqu'il tourne le dos pour chercher de la monnaie dans son salon. Les règles de l'Éducation nationale interdisent formellement l'envoi d'élèves pour quémander de l'argent dans les rues. Les projets scolaires reçoivent leur budget via l'environnement numérique de travail (ENT), les coopératives scolaires ou les associations de parents d'élèves agréées.
Sur le terrain juridique, cette tromperie relève de l'escroquerie prévue par l'article 313-1 du Code pénal, qui punit ces agissements de peines allant jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.
Les réflexes de sécurité indispensables sur le pas de sa porte
Les autorités recommandent de refuser tout achat de calendrier ou de carte postale présenté sous ce prétexte d'action pédagogique. Aucun démarcheur ne doit franchir le seuil du logement. Il convient de garder l'entrebâilleur enclenché et de ne jamais s'éloigner d'une porte ouverte pour chercher du numéraire.
Contrairement aux facteurs ou aux sapeurs-pompiers munis de cartes professionnelles et proposant des reçus officiels lors des tournées d'étrennes, aucune vente de rue par des particuliers ne bénéficie d'une autorisation préfectorale. En cas de doute ou de sollicitation suspecte, il faut mémoriser le signalement des individus, repérer leur direction de fuite et alerter sans délai la gendarmerie ou le commissariat en composant le 17. Les victimes ayant déjà remis de l'argent sont invitées à déposer plainte au plus vite.
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