Une milliardaire française, héritière d'un empire, se fait escroquer par sa "chamane"
Cette affaire judiciaire complexe met en lumière les risques liés aux dérives ésotériques contemporaines. La plaignante, fille de Didier Primat et figure de l'empire parapétrolier Schlumberger, espérait voir la juridiction trancher rapidement sur ce dossier. Les mécanismes de la vulnérabilité face aux gourous modernes focalisent désormais l'attention des enquêteurs.
Le procès de Bourg-en-Bresse reporté au printemps 2027
L'audience correctionnelle qui devait initialement se tenir le mercredi 22 avril 2026 au tribunal de Bourg-en-Bresse a été officiellement repoussée au 5 mai 2027. Ce délai de plus d'une année est justifié par la "communication tardive des pièces de l'accusation", indique une source judiciaire. La juridiction a estimé que ce report s'avérait indispensable pour permettre à la défense d'étudier sereinement les multiples éléments du dossier.
Cette décision procédurale suscite une immense déception pour la partie civile, Margaux Primat. L'héritière de 37 ans, dont la fortune familale est estimée à 3 milliards d'euros, selon le magazine Challenges, attend en effet que la justice se prononce sur des faits d'abus présumés remontant à l'année 2018.
Une emprise psychologique d'opportunité ?
Le cœur de cette procédure repose sur un contexte de fragilité psychologique prononcée. Il y a 8 ans, la fille de Didier Primat traverse une profonde dépression, ayant perdu ce dernier. C'est durant cette période particulièrement sombre qu'elle fait la connaissance de Sarah M. par l'intermédiaire d'une voyante dénichée sur une publicité, qui prétendait "capter et chasser les 'énergies négatives', détecter les dangers imminents et éviter les catastrophes", rapporte Le Parisien.
Cette "énergéticienne" de 40 ans est installée dans le département de l'Ain, proche de la Suisse et de Genève, où Margaux Primat vit dans un quartier "ultrachic" comme le décrit Le Parisien, qui a recueilli son témoignage. Selon l'acte d'accusation rédigé par son avocate et rapporté par les médias locaux, la prétendue "chamane" aurait progressivement instauré une domination mentale absolue sur sa cliente.
L'ombre de l'emprise derrière les rituels ésotériques
La prévenue aurait ainsi mêlé des menaces explicites à divers rituels ésotériques pour asseoir et maintenir son influence. En complément du préjudice moral subi, le tribunal correctionnel devra examiner l'aspect strictement financier de cette affaire. Les enquêteurs suspectent la praticienne d'avoir profité de l'état de faiblesse de l'héritière pour lui soutirer des sommes particulièrement importantes, qualifiant ces actes d'extorsion de fonds.
Margaux Primat, révèle Le Progrès, dénonce des "rendez-vous hebdomadaires à 300 euros pour des 'soins' à base de plomb pur avec lequel elle devait dormir avant que Sarah M. ne le fasse fondre puis refroidir dans de l’eau pour analyser son état émotionnel."
Sa conseillère, maître Najwa El Haïté, du barreau de Paris, indique : "Ces demandes financières étaient accompagnées de pressions morales, de menaces voilées et d’allusion à des conséquences spirituelles, personnelles ou réputationnelles en cas de refus." Mais c'est insuffisant pour la justice, qui ne pourra donc trancher que dans un an.
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