Un chien star des réseaux sociaux kidnappé et mangé dans un restaurant

Publié par Julien Pinardi
le 12/06/2026
Border collie
Istock
Photo d'illustration
Le célèbre border collie Chutou, suivi par 1,5 million d'abonnés sur Douyin, a été enlevé puis vendu pour l'équivalent de 23 euros à un restaurant, mettant en lumière le vide juridique inquiétant entourant la protection animale en Chine.

Le 11 mai 2026, l'impensable frappe le district de Ningling, situé dans la province du Henan en Chine. Alors que son propriétaire, l'influenceur spécialisé dans le voyage Guo, se trouve en déplacement professionnel en Géorgie, son chien adoré disparaît subitement de la ferme familiale. La garde de l'animal avait été confiée au père du créateur de contenu pour la durée du séjour. Ce fait divers sordide réveille une immense colère populaire et interroge directement sur la condition animale au niveau national.

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Une enquête macabre après la disparition soudaine de Chutou

L'affaire démarre par une absence jugée immédiatement suspecte par les proches du propriétaire. En visionnant minutieusement les images des caméras de vidéosurveillance de la municipalité, Guo parvient à identifier deux individus fuyant avec le chien installé sur leur scooter électrique. Refusant de perdre espoir, l'influenceur mène un mois de recherches intensives et retrouve l'un des ravisseurs grâce.

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En effet, Guo a retrouvé trace de son border collie sur les terres mêmes des parents de cet homme grâce au collier de Chutou, équipé d'un GPS. Il lui promet même une récompense de 10 000 yuans (environ 1 200 euros) pour récupérer son compagnon à quatre pattes, indique le média South China Morning Post repris par Madame Figaro. Mais l'individu nie, affirmant avoir simplement recueilli ce qu'il pensait être un chien errant. L'explication ne passe pas.

Le dénouement tragique survient un mois plus tard, le 3 juin 2026. L'homme finit par avouer : le chien vedette a été monnayé pour la somme dérisoire de 180 yuans, soit environ 23 euros. L'acheteur n'est autre qu'un restaurant local spécialisé dans la viande canine. Interrogée par les autorités, la direction de l'établissement admet rapidement que l'animal a été abattu puis servi aux clients peu de temps après la transaction.

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Toujours d'après le South China Morning Post, le kidnappeur n'est pas vraiment ému par la situation :  "Le chien est mort, alors arrêtez de faire des histoires. Je n’ai enfreint aucune loi." Mais Guo veut offrir une sépulture à l'animal qui l'a rendu célèbre, même symbolique, avec un morceau de son pelage par exemple. "Ces poils ont été jetés à la poubelle depuis longtemps" obtient-il comme seule réponse de la part du boucher qui s'est ocupé de la dépouille avant de la céder au restaurant.

Un vide juridique flagrant face au vol d'animaux de compagnie

Cette fin effroyable pointe directement du doigt la législation chinoise chinois. Car Guo dépose plainte et fournit à la police des documents attestant de la valeur de Chutou. Or, pour qu'un vol soit considéré comme un crime grave et donne lieu à des poursuites pénales sévères, la valeur marchande du bien subtilisé doit franchir un certain plafond. Dans la province du Henan, ce seuil doit être supérieur à 2 000, explique son avocat Du Wei. Les 180 yuans récoltés lors de la revente du chien rendent toute poursuite impossible

Non seulement son propriétaire ne peut obtenir de réparation financière, mais encore moins pour préjudice mental ou un délit de "consommation de viande animale." Comme le précise Madame Figaro, dans le pays, "La valeur affective et symbolique d’un animal demeure souvent difficile à traduire devant les tribunaux." Et pour cause...

L'indignation massive du web face au commerce de viande

Suivi par 1,5 million d'abonnés sur Douyin, le réseau social jumeau de TikTok, Chutou jouissait d'une immense popularité. L'annonce de son décès sordide engendre une véritable onde de choc sur les plateformes numériques asiatiques. Les utilisateurs expriment un dégoût profond face à ce rapt crapuleux et s'attaquent frontalement aux vendeurs de viande canine.

Les citoyens dénoncent le manque total d'encadrement de ce marché très controversé. Bien que certaines grandes agglomérations comme Shenzen interdisent dans les faits la consommation de viande de chien, la pratique perdure dans les campagnes et les zones rurales. Cette mobilisation spontanée en ligne pose une interrogation de fond pour les législateurs. Même si, indique le magazine, "En 2020, les autorités chinoises ont retiré les chiens de la liste officielle du bétail."

Les internautes se demandent si ce drame très médiatisé suffira à imposer le vote d'une législation protectrice pour les animaux en Chine. La pression s'accentue lourdement sur les décideurs politiques pour stopper enfin ces trafics sordides qui touchent des milliers de foyers.

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