Disparition de Lyhanna dans le Gers : mise en examen du suspect pour "séquestration"
Placé en garde à vue durant quarante-huit heures, le principal mis en cause a été présenté à la justice ce lundi 1er juin 2026, alors que la collégienne reste introuvable dans le département du Gers. Les autorités déploient un dispositif massif pour ratisser la zone et privilégient désormais ouvertement la piste criminelle. Selon le communiqué officiel diffusé par le parquet d'Auch, la thèse d'un départ volontaire est définitivement écartée par les enquêteurs.
Un suspect de l'entourage écroué face à des déclarations incohérentes
Déféré lundi après-midi au pôle criminel du tribunal judiciaire d’Agen, cet homme de 41 ans a fait face au juge d'instruction en charge du dossier. Selon les déclarations du procureur d'Agen, Olivier Naboulet, rapportées par l'agence de presse AFP, l'individu "a été mis en examen pour enlèvement, séquestration de mineure de 15 ans."
À l'issue d'un long débat organisé tard dans la soirée, le juge des libertés et de la détention a tranché. Il a ordonné le placement en détention provisoire du quadragénaire, suivant scrupuleusement les réquisitions formulées par le parquet. Malgré les charges qui pèsent sur lui, ce père de deux enfants continue de nier farouchement toute implication dans cette affaire.
S’il admet volontiers avoir fait monter l'adolescente dans sa propre voiture le vendredi précédent, aux alentours de 15 heures à la sortie du collège, il prétend l'avoir déposée saine et sauve à la piscine municipale de Fleurance quelques minutes plus tard. La procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, qualifie cette ligne de défense d'incohérente et profondément imprécise. La magistrate a d'ailleurs tenu à souligner que "l'adolescente n'avait jamais fugué et aucun élément n'orientait l'enquête vers une telle piste".
Traque contre la montre et zones d'ombre de l'enquête
Les premières investigations mettent en lumière un passé complexe entre l'individu écroué et l'entourage direct de la victime. L'enquête révèle que les parents de la jeune Lyhanna connaissaient cet homme depuis de nombreuses années, leurs filles respectives entretenant une relation amicale. Toutefois, les proches de la collégienne avaient décidé de rompre tout contact. Cette rupture brutale faisait suite à des gestes jugés déplacés, imputés au suspect lors d'une précédente soirée pyjama. Malgré cela, il semblerait qu'il continuait à lui apporter quotidiennement un goûter jusqu'à son établissement scolaire.
Afin de faire la lumière sur le déroulé exact de la journée de vendredi, les techniciens en investigation criminelle examinent actuellement le véhicule du mis en cause, saisi par les forces de l'ordre. Les enquêteurs analysent également de multiples indices récoltés dimanche lors d'une vaste mobilisation civile. Plus de 100 habitants ont participé à cette battue citoyenne aux côtés des gendarmes pour quadriller les abords de la base de loisirs de Fleurance.
Sur le terrain, la gendarmerie nationale intensifie considérablement ses recherches. Des unités cynophiles spécialisées, assistées par des drones et un hélicoptère, survolent un large périmètre autour de la commune gersoise. En parallèle, des plongeurs de la brigade nautique sondent minutieusement la rivière Gers et l'ensemble des plans d'eau avoisinants.
L'enjeu judiciaire s'annonce particulièrement lourd pour l'homme récemment interpellé. D'après les dispositions de l'article 224-5 du Code pénal, l'enlèvement et la séquestration d'un mineur de moins de quinze ans constituent un crime sévèrement puni. Le suspect encourt une peine de trente années de réclusion criminelle, une sanction susceptible d'être portée à la perpétuité en fonction de l'évolution de l'état de santé de la jeune fille disparue ou de la durée avérée de sa détention.