Crans-Montana : l’audition du gérant Jacques Moretti reportée pour raisons médicales
Ce drame absolu, survenu le 1er janvier 2026 au bar Le Constellation, fait état d'un bilan dramatique de 41 personnes décédées et de 115 blessés. Alors que la justice tentait d'accélérer la recherche des responsabilités, l'état psychiatrique du gérant vient paralyser la procédure pénale. Le calendrier judiciaire s'en trouve lourdement perturbé.
Un blocage médical inattendu pour l'instruction
L'annonce est tombée le 2 avril 2026 par la voix de Béatrice Pilloud, la procureure générale du canton du Valais. Elle a confirmé l'annulation de l'interrogatoire très attendu qui devait se tenir à Sion. "Au vu des certificats médicaux déposés en cause, la séance du 7 avril 2026 à 9h00 prévue pour l'audition de Jacques Moretti est reportée", a souligné la magistrate, dont les propos sont rapportés par Brut.
Pour justifier cette absence, l'équipe de défense a produit deux documents médicaux précis, datés respectivement du 18 et du 31 mars. Ces certificats attestent d'un état dépressif réactionnel sévère et d'un état confusionnel marqué par plusieurs épisodes d'oublis. Selon les informations transmises par la chaîne RTS, le prévenu serait dans un tel état d'épuisement qu'il ne dormirait que trois heures par nuit.
Libéré sous le versement d'une caution fixée à 200 000 francs suisses en janvier dernier, le gérant semble s'effondrer sous le poids du drame. Son avocat, Maître Patrick Michod, le décrit comme un individu "en proie à des angoisses régulières et handicapantes". Le conseil insiste sur la dégradation de son client : "Mon client est confus, agité, très stressé", déclare-t-il au média Blick.
La santé mentale comme frein à la justice suisse
La législation helvétique se veut stricte concernant la capacité des prévenus à affronter un interrogatoire. En s'appuyant sur l'article 152 du Code de procédure pénale suisse, la loi impose qu'un mis en cause soit apte à être entendu, ce qui implique de pouvoir comprendre la portée des débats et d'organiser sa propre défense. Ce principe suspend de fait l'avancée du dossier.
L'absence de Jacques Moretti complique sérieusement le travail des enquêteurs. Son témoignage reste indispensable pour éclaircir l'origine exacte des flammes, soupçonnées d'avoir été déclenchées par des feux de Bengale. Il doit aussi s'expliquer sur la présence d'une mousse acoustique hautement inflammable fixée au plafond du sous-sol. Sans ses explications, la qualification d'homicide par négligence peine à s'étayer.
De son côté, le parquet peut tout à fait exiger une expertise médicale indépendante afin d'évaluer si cette incapacité est avérée ou si elle relève d'une manœuvre dilatoire.
L'attente interminable pour les familles endeuillées
Les avocats des victimes fustigent un manque criant de transparence concernant les modalités de vérification des certificats médicaux de la défense. Le choix d'un report sans date limite fait redouter le pire aux familles. Un décalage du calendrier judiciaire est à prévoir, avec un éventuel procès qui pourrait glisser vers la fin de l'année 2027.
Malgré ce silence imposé, les policiers continuent d'éplucher les centaines de documents administratifs saisis lors des récentes perquisitions. La justice prépare également l'audition de Jessica Moretti, la co-gérante de l'établissement de nuit. Ses déclarations serviront à déterminer si le bar respectait les normes de sécurité en vigueur et disposait d'issues de secours conformes lors de cette nuit tragique.
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