Affaire Jubillar : un avocat évoque une "préméditation" dans la mort de Delphine

Publié par Matthieu Chauvin
le 20/07/2026
Cédric Jubillar
abacapress
© Poitout Florent/ABACA
Après des années d'attente, l'identification d'ossements bouleverse cette célèbre enquête. Un avocat d'une partie civile privilégie désormais la piste d'un acte froidement calculé par le suspect.
 

La confirmation scientifique est tombée dimanche, refermant le chapitre insoutenable de la disparition de l'infirmière tarnaise volatilisée dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Cette avancée majeure redessine entièrement les enjeux du futur procès en appel. Le dossier quitte désormais la sphère des disparitions non élucidées pour entrer dans une phase d'affrontement médico-légal et tactique.

Fin d'une longue attente avec l'identification du corps à Mailhoc

Les analyses génétiques diligentées par la justice ont livré leur verdict définitif. Comme nous vous l'indiquions, l'ADN extrait des ossements mis au jour à Mailhoc, dans le département du Tarn, correspond sans l'ombre d'un doute à celui de Delphine Aussaguel. Cette découverte morbide s'inscrit dans la foulée des déclarations récentes de Cédric Jubillar. Le 6 juillet dernier, le plaquiste a finalement avoué son implication directe dans la mort de sa femme, mettant fin à plus de cinq années de dénégations absolues face aux juges d'instruction.

Les détails communiqués par les enquêteurs concernant la dissimulation des restes de la mère de famille glacent le sang de l'opinion et indignent les parties civiles. Le corps a en effet été retrouvé profondément enfoui sous une massive couche de fumier agricole. Une telle mise en scène macabre provoque une forte émotion chez les proches de la victime. Ces derniers font désormais face à la violence physique du crime, clôturant le maigre espoir de la retrouver en vie. L'attention se porte maintenant sur le travail des médecins légistes. L'autopsie complète des ossements devra déterminer les causes exactes de la mort et identifier d'éventuelles lésions osseuses compatibles avec les récents aveux.

Débat juridique autour de la qualification d'accident ou de préméditation

Avec ce revirement inattendu, la ligne de défense de l'accusé s'articule autour de la thèse de l'accident domestique ayant mal tourné. Pour l'un des représentants de la famille de Delphine, cette manœuvre ne trompe absolument personne. Sur le plateau de LCI, Me Philippe Pressecq, l'avocat de la cousine de la jeune femme, a fermement dénoncé un stratagème judiciaire. "Pendant toutes ces années, on a joué l'innocence. On a vu le résultat, 30 ans de réclusion criminelle. Il sait très bien qu'en appel ce sera pareil. Donc il tente autre chose, il tente l'accident. C'est une stratégie judiciaire assez classique et on verra ce que la cour d'assises d'appel en pense", a-t-il argué dès ce 20 juillet 2026.

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Il a également déclaré : "Évidemment, dans un premier temps, il y a un soulagement parce que ça fait presque six ans que la famille attend d'avoir la certitude de la mort de Delphine Aussaguel (ses proches rejettent désormais le patronyme "Jubillar", NDLR)) et la possibilité de commencer son deuil, mais il y a aussi un sentiment d'horreur parce que savoir que Delphine Aussaguel a été tuée par son mari, jetée dans un champ, recouverte de fumier. C'est une façon de faire horrible."

Il poursuit : "On voit très bien la manœuvre de Cédric Jubillar qui tue sa femme et qui la tue volontairement, ça se sera discuté et ça sera jugé, qui va la cacher en sachant que sa dépouille sera dispersée par les animaux, très clairement, et qui va avouer son forfait tellement de temps après... Qu'il sait très bien que l'on ne pourra rien faire des restes. (...) On ne pourra pas trouver d'éléments qui pourraient incriminer Cédric Jubillar, l'incriminer sur la manière dont la mort a été donnée à Delphine."

Pour l'avocat, la thèse de la dispute évoquée par le mari n'est pas crédible : "Je suis dans ce dossier depuis le début, depuis le 23 décembre 2020. Je commence à connaître Cédric Jubillar. Je n'ai absolument aucune confiance en lui. Il nous a montré uniquement depuis le début des mensonges, des vantardises, des ricanements, des provocations. Aujourd'hui, après avoir joué l'innocence pendant des années et des années, il va essayer de nous faire croire qu'il s'agit d'un malheureux accident. Personne ne peut croire à cela."

Enfin, il confirme que selon lui, le crime était bien préparé : "Déjà, la manière dont il s'est débarrassé du corps montre bien que tout cela était prémédité. Si ça avait été un accident, il aurait été saisi par l'horreur de son geste et il aurait prévenu sans nul doute la gendarmerie, ce qu'il n'a pas fait. Il avait tout préparé, il y avait le coin qui était prêt. Il savait qu'il y avait du fumier au-dessus et il a jeté sa femme après l'avoir tuée."

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