Affaire Jubillar : qu’est-ce que les ossements peuvent révéler, six ans après le drame ? Un médecin légiste répond

Publié par Suruthi Srikumar
le 16/07/2026
Procès Cédric Jubillar : un témoin “rarissime” pourrait faire basculer
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Six ans après la disparition de Delphine Jubillar en décembre 2020, la récente découverte d'ossements relance l'enquête. Le médecin légiste Éric Baccino nous explique comment la science peut encore déterminer les causes exactes du décès.
 

La nuit du 15 au 16 décembre 2020 marquait le début de l'une des affaires judiciaires les plus médiatisées de France. Aujourd'hui, un rebondissement vient bouleverser le dossier avec l'exhumation de restes humains près du domicile familial de l'infirmière

Des ossements retrouvés après de nouveaux aveux

La découverte de restes humains fait suite à des indications particulièrement précises de la part de Cédric Jubillar. Immédiatement, le vaste périmètre situé autour de la commune de Cagnac-les-Mines a été de nouveau bouclé et méticuleusement investi par les techniciens en identification criminelle (TIC) de la gendarmerie. Leur rôle consiste à figer les lieux et préserver chaque indice potentiel sur la scène de découverte.

L'apparition soudaine de ces éléments matériels vient bousculer le calendrier établi pour le procès en appel de Cédric Jubillar. Les magistrats vont devoir intégrer ces preuves physiques, susceptibles de confirmer ou d'infirmer les thèses débattues depuis le signalement initial de la disparition.

Une identification formelle établie en une heure 

Le travail en laboratoire s'annonce particulièrement délicat en raison du temps écoulé. L'état de conservation des os dépend des conditions environnementales subies en pleine nature. "Tout dépend de la manière dont le corps a été enterré", explique Éric Baccino, médecin légiste dans les colonnes de Planet. "S’il a été exposé à l’extérieur, les animaux grignotent les os et les emportent plus loin.

Il rappelle d'ailleurs que "les insectes et les sangliers peuvent causer d’importants dégâts sur les os", complexifiant la tâche des experts face au risque de retrouver un ADN inexploitable après six ans. Malgré ces obstacles de terrain, l'identification formelle de la victime s'effectue parfois très rapidement grâce à l'odontologie. "Le dentiste nous fournit la fiche dentaire, ce qui peut se faire en une heure", détaille le spécialiste. "L’identification est alors réalisée à l’aide de la fiche dentaire fournie par le dentiste traitant de la victime."

"Si l’on retrouve l’os hyoïde fracturé, c’est un excellent argument en faveur d’une strangulation"

Une fois l'identité vérifiée, les scientifiques se concentrent sur la recherche de la cause exacte du décès. Les ossements permettent encore de déceler un traumatisme contondant ou une strangulation. L'examen cible particulièrement l'os hyoïde, situé dans la gorge. "Si l’on retrouve l’os hyoïde fracturé, c’est un excellent argument en faveur d’une strangulation", atteste Éric Baccino pour Planet. La justice devra ensuite établir si ce seul constat technique suffit à prouver l'intention volontaire de donner la mort.

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Enfin, les investigations ne s'arrêtent pas à la seule traumatologie. Une analyse toxicologique reste envisageable des années après la mort. Les techniciens exploitent la moelle osseuse, bien protégée à l'intérieur des os longs, pour "rechercher d’éventuels produits toxiques ingérés par la victime, comme un poison", souligne l'expert. Le délai pour obtenir les conclusions définitives de cette autopsie dépendra désormais de la complexité des examens chimiques réalisés en laboratoire.

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