Affaire Jubillar : la défense s'insurge contre l'arrêt des recherches
Après de longs mois d'incertitude, l'enquête sur la disparition de Delphine Aussaguel s'accélère brutalement. Suite aux indications récentes de l'accusé, des opérations de recherches ont été menées dans le Tarn, permettant d'exhumer des restes humains. Cette avancée spectaculaire se heurte toutefois à une décision judiciaire inattendue qui ravive les tensions entre les différentes parties au dossier.
Fin abrupte des fouilles dans le Tarn après la découverte d'ossements
Le 17 juillet 2026, le colonel Jean-Michel Doose, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, a annoncé la fin des recherches terrestres menées à Villeneuve-sur-Vère et Mailhoc, selon l'AFP. Les barrages dressés autour de cette parcelle agricole, située à environ douze kilomètres de Cagnac-les-Mines, ont été levés en fin de journée. Ces fouilles, débutées le 15, faisaient suite aux indications précises fournies par l'accusé. Elles ont permis d'exhumer deux fémurs.
Nicolas Jacquet, le procureur général de Toulouse, a confirmé à l'AFP que "des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar." Ces restes ont immédiatement été transférés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale de Pontoise. Les résultats des analyses génétiques sont attendus sous 24 à 48 heures pour déterminer formellement s'il s'agit bien de l'infirmière disparue.
Cette clôture rapide des opérations ulcère profondément la défense. Me Pierre Debuisson avocat de Cédric Jubillar dénonce vigoureusement une décision prématurée. Il affirme haut et fort qu'il reste nécessaire de "tenter de retrouver d'autres parties du corps" pour reconstituer fidèlement la scène de crime, indique l'AFP. La justice semble pourtant estimer que les éléments matériels prélevés suffisent amplement à l'instruction, ou que la configuration complexe du terrain n'offre tout simplement plus de perspectives de découvertes probantes, expliquant ainsi le retrait des équipes.
De plus, le corps ayant été enfoui dans un tas de fumier qui a été utilisé pour fertiliser le champ où il a été découvert, a sans doute été broyé par la machine agricole qui a servi à l'épandage, sans doute des mois plustard.
Des aveux récents qui bouleversent le calendrier judiciaire
Cette séquence inédite découle d'un changement total de posture de la part de l'accusé. Après cinq années de dénégations farouches et une condamnation en première instance à 30 ans de réclusion criminelle le 17 octobre 2025, Cédric Jubillar a avoué, le 6 juillet 2026, être l’auteur d'un "acte abominable" dans une missive adressée à son avocat.
Selon Me Pierre Debuisson, cité par l'AFP, le plaquiste tarnais a livré sa vérité "de façon absolue" lors de son audition du 15 juillet. Bien qu'il puisse juridiquement revenir sur ses déclarations jusqu'au verdict final, cette confession redessine l'horizon du dossier. En exigeant la poursuite des recherches sur le terrain, ses avocats espèrent obtenir une expertise anthropologique complète du squelette pour contester l'intention homicide. Ils cherchent visiblement à plaider les coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner, évitant ainsi la qualification de meurtre aggravé.
Ces retournements successifs percutent directement l'organisation du second procès, initialement prévu le 21 septembre 2026 devant la cour d’assises de la Haute-Garonne à Toulouse. La défense réclame un délai supplémentaire, qualifiant de "impossible" le maintien de cette échéance face au temps incompressible requis pour les expertises ADN. La question d'un éventuel report anime un affrontement procédural intense avec le parquet général. De son côté, la famille de Delphine Aussaguel encaisse durement l'arrêt des recherches terrestres. Pour les parties civiles, cette interruption abrupte anéantit l'espoir d'obtenir la restitution intégrale de la dépouille de la victime, interdisant la tenue de funérailles dignes après cinq ans d'attente douloureuse.
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