Étonnant de découvrir que nous avions en réserve 3 000 enseignants qui étaient payés mais n'avaient pas d'affectation

Publié par Stéphane Leduc
le 12/10/2026
lycéens
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Photo d'illustration
Alors que le manque de remplaçants paralyse de nombreux collèges et lycées, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray suscite l'incompréhension en annonçant la mobilisation d'urgence de plus de 3 000 professeurs payés mais restés sans affectation.

Les tensions persistent au sein des établissements scolaires face aux milliers d'heures de cours non assurées depuis le mois de septembre. Entre les mobilisations de parents d'élèves et les blocus dans plusieurs académies, l'exécutif cherchait une réponse immédiate pour tenter d'éteindre la contestation. Cette annonce surprise met en lumière les failles d'organisation administrative au sein du premier employeur de l'État.

Le ministère active en urgence plus de 3 000 professeurs disponibles

Pris sous le feu des critiques face aux blocages récurrents dans le second degré, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a dévoilé l'existence d'une réserve immédiatement opérationnelle. Sur l'antenne de Franceinfo, le ministre a confirmé le déploiement de « 3 024 professeurs très précisément » qui disposaient déjà d'un traitement financier mais demeuraient sans élèves face à eux. Cette décision vise à combler les postes vacants identifiés grâce à un récent outil de pilotage numérique interne.

Ce recensement a permis de cibler en priorité 114 lycées en situation critique, classés « rouges », ainsi que 400 établissements prioritaires dits « oranges ». Pourtant, l'annonce de ce réservoir humain rémunéré en pleine crise de recrutement a provoqué un vif émoi politique. Sur Public Sénat, la sénatrice socialiste Colombe Brossel a dénoncé un dysfonctionnement majeur : « On ne comprend plus très bien qui pilote quoi dans la maison gouvernement (...) entre le Premier ministre qui va à la télévision pour ne rien dire, le ministre de l'Éducation finit par sortir une annonce tout à fait stupéfiante ». L'opinion publique s'interroge sur les raisons pour lesquelles ces agents n'ont pas rejoint les classes dès la rentrée.

Titulaires de zone de remplacement et limites du dispositif

Ces personnels appartiennent pour l'essentiel au statut des titulaires sur zone de remplacement (TZR). Rattachés à un établissement de rattachement, ces enseignants certifiés ou agrégés sont payés par le ministère pour pallier les congés de longue durée ou assurer des suppléances temporaires. En l'absence de mission attribuée par les rectorats, ils restent légalement à la disposition de l'institution scolaire chez eux ou dans leur établissement de rattachement, sans contact direct avec les élèves.

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La mobilisation de ce volant de personnel se heurte à des contraintes structurelles d'adéquation géographique et disciplinaire. Un professeur d'arts plastiques ou de philosophie en attente dans une académie rurale ne peut pas combler les déficits criants de professeurs de mathématiques ou de français en région parisienne. Pour contourner ce blocage, le ministre a lui-même reconnu que certains enseignants seraient déployés en « soutien quand leurs disciplines ne correspondent pas immédiatement aux besoins ».

Cette méthode suscite la réprobation immédiate des syndicats enseignants. Les organisations représentatives, dont SUD éducation et la FSU, dénoncent un coup de communication précaire masquant mal les suppressions de postes antérieures. Attribuer des tâches de soutien à des professeurs dont ce n'est pas la spécialité témoigne, selon les représentants du personnel, d'un bricolage administratif incapable de résoudre durablement la pénurie structurelle d'enseignants qualifiés.

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