13 octobre : le jour où l'Assemblée nationale a instauré le PACS...
13 octobre 1999 : L'adoption définitive du PACS bouleverse le droit civil
Après plus d'une année d'affrontements parlementaires d'une rare véhémence et de manifestations massives dans la rue, l'Assemblée nationale adopte définitivement le Pacte civil de solidarité par 315 voix contre 249. Imaginé au départ pour répondre à la détresse patrimoniale et juridique des couples de même sexe frappés par l'épidémie du sida, le texte suscite une opposition virulente d'une partie de la classe politique, qui redoute une remise en cause de l'institution traditionnelle du mariage.
La promulgation de cette nouvelle union contractuelle modernise en profondeur le Code civil en reconnaissant légalement les concubins devant la loi fiscale et successorale. Très vite plébiscité par une majorité écrasante de couples hétérosexuels comme homosexuels, le PACS a conquis des millions de foyers français et ouvert la voie, quatorze ans plus tard, au vote du mariage pour tous.
13 octobre 1131 : Le cochon errant qui a fait vaciller la couronne de France
Dans les ruelles boueuses du Paris médiéval, nul n'aurait pu imaginer qu'un animal de basse-cour bouleverserait la lignée capétienne. Ce jour-là, le prince héritier Philippe de France, fils aîné du roi Louis VI le Gros déjà sacré à Reims, chevauche avec sa garde non loin de la Seine. Soudain, un porc domestique laissé en liberté traverse la voie et se jette sous les sabots du destrier royal. La monture s'écroule lourdement sur son cavalier de quinze ans, qui succombe à ses blessures quelques heures plus tard.
La tragédie suscite une telle colère royale qu'une ordonnance interdit immédiatement la divagation des cochons dans Paris, à l'exception de ceux des religieux de l'ordre de Saint-Antoine. Mais la véritable onde de choc est dynastique : la couronne échoit au prince cadet, le futur Louis VII le Jeune. C'est lui qui épousera la riche Aliénor d'Aquitaine avant de répudier celle-ci au profit du roi d'Angleterre, ouvrant la voie à des siècles de rivalité territoriale et aux racines directes de la guerre de Cent Ans.
13 octobre 1884 : Le méridien de Greenwich s'impose face à l'orgueil français
À la fin du XIXᵉ siècle, l'essor fulgurant des chemins de fer et des lignes maritimes rend la multiplicité des heures locales intenable. Vingt-cinq nations se réunissent donc à Washington lors de la Conférence internationale du méridien avec une mission claire : choisir une référence unique de longitude pour unifier l'heure du monde. Le 13 octobre 1884, une majorité écrasante vote en faveur du méridien de l'Observatoire royal de Greenwich, situé près de Londres, qui devient officiellement le point zéro de la planète.
Blessée dans son amour-propre scientifique et diplomatique, la délégation tricolore refuse de s'incliner devant le grand rival britannique. Les Français choisissent l'abstention pour défendre avec acharnement le méridien de Paris, qui traverse l'Observatoire de la capitale depuis 1667. La rancœur nationale mettra près de trois décennies à s'estomper : la France n'adoptera la norme de Greenwich qu'en 1911, en usant de la loi du 9 mars 1911 à la formulation subtile désignant "l'heure de Paris diminuée de 9 minutes et 21 secondes".
13 octobre 1921 : La naissance d'Yves Montand, de l'exil toscan au music-hall
C'est sous le nom d'Ivo Livi que le futur artiste voit le jour en Toscane, au sein d'une famille ouvrière militante. Face à la montée menaçante du fascisme de Mussolini, ses parents choisissent l'exil et s'installent à Marseille dans les quartiers populaires de la Belle de Mai. Contraint d'interrompre ses études très tôt, le jeune homme multiplie les petits métiers, d'apprenti coiffeur à docker, avant de pousser la porte des cabarets sous le pseudonyme d'Yves Montand, inspiré du cri de sa mère qui l'appelait à table en criant : "Ivo, monta !"
Remarqué par Édith Piaf à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il s'impose rapidement comme une figure incontournable du music-hall français avec des classiques immortels comme Les Feuilles mortes ou La Bicyclette. Son charisme transcende bientôt la chanson : au cinéma, il crève l'écran dans Le Salaire de la peur, César et Rosalie ou Jean de Florette, devenant l'un des monstres sacrés les plus aimés de la culture hexagonale.
13 octobre 1931 : La naissance de Raymond Kopa, premier Ballon d'or tricolore
Né sous le patronyme de Raymond Kopaszewski à Nœux-les-Mines, le jeune garçon grandit au cœur du bassin minier du Pas-de-Calais parmi la communauté polonaise. Destiné comme ses aînés au fond des galeries de charbon, un accident du travail lui fait perdre une phalange à l'âge de seize ans, scellant son envie d'échapper à la mine grâce au ballon rond. Son agilité exceptionnelle balle au pied et sa vision du jeu hors norme attirent vite le regard d'Angers, puis du prestigieux Stade de Reims.
Meneur de jeu étincelant, il mène les Rémois au sommet avant d'être recruté par le Real Madrid d'Alfredo Di Stéfano, avec lequel il remporte trois Coupes d'Europe consécutives. En 1958, après avoir guidé l'équipe de France sur le podium de la Coupe du monde en Suède, Raymond Kopa entre dans la légende en devenant le tout premier joueur français de l'histoire à recevoir le Ballon d'or, ouvrant la voie aux sacres de Michel Platini, Jean-Pierre Papin, Zinédine Zidane, Karim Benzema et Ousmane Dembélé.
13 octobre 1946 : Les Français approuvent la naissance de la IVe République
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le pays doit solder les institutions déchues de la IIIe République et le régime de Vichy. Après l'échec d'un premier texte retoqué par le peuple quelques mois plus tôt, une seconde Assemblée constituante soumet son projet à l'approbation populaire. Le 13 octobre 1946, les électeurs approuvent le texte à 53 % des voix exprimées, scellant la création de la IVe République malgré un niveau record d'abstention qui traduit une certaine lassitude citoyenne.
Miné par le régime des partis et une instabilité ministérielle chronique qui verra défiler vingt-quatre gouvernements en douze ans, ce régime s'effondrera en 1958 sous la pression de la guerre d'Algérie. Pourtant, son legs juridique demeure fondamental : le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 a consacré des principes sociaux cruciaux, comme l'égalité entre hommes et femmes, le droit d'asile et le droit de grève, qui forment encore aujourd'hui le socle constitutionnel protecteur de notre République.
13 octobre : Saint Géraud
Né vers 855 au château d'Aurillac, Géraud est issu d'une puissante famille de la noblesse auvergnate. De santé fragile et atteint de cécité vers la fin de sa vie, il renonce aux carrières militaires pour se consacrer à la prière, à l'étude et aux œuvres de bienfaisance. Devenu comte d'Aurillac, il se distingue par sa justice exemplaire, sa tempérance et sa grande charité envers les plus démunis, libérant ses serfs et distribuant ses revenus aux pauvres.
Désireux de mener une vie presque monastique tout en restant laïc pour assumer ses devoirs seigneuriaux, il fonde en 894 l'abbaye bénédictine d'Aurillac, qui deviendra un foyer spirituel et intellectuel majeur, accueillant notamment le futur pape Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac). Saint Géraud meurt le 13 octobre 909. Sa sainteté laïque et son modèle de gouvernance chrétienne ont été immortalisés par saint Odon de Cluny, qui rédigea sa biographie.
Les saints du jour
Outre saint Géraud d'Aurillac, l'Église célèbre le 13 octobre plusieurs autres figures saintes :
- Saint Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre réputé pour sa piété, sa sagesse et la construction de l'abbaye de Westminster.
- Saint Théophile d'Antioche, évêque et apologiste chrétien du IIe siècle, auteur d'écrits défendant la foi.
- Bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (Alexandrina de Balazar), mystique portugaise du XXe siècle.
- Saint Fauste, martyr à Cordoue au début du IVe siècle avec Janvier et Martial sous Dioclétien.
- Saint Simpert, évêque d'Augsbourg au IXe siècle et conseiller de Charlemagne.
Les célébrités portant ce prénom
- Géraud Duroc (1772-1813), général de division français et grand maréchal du palais sous Napoléon Ier.
- Géraud de Cordemoy (1626-1684), philosophe cartésien, avocat et historien français, membre de l'Académie française.
- Géraud Sénizergues (né en 1957), informaticien et chercheur français, lauréat du prestigieux prix Gödel en 2002.
- Géraud de Geouffre de La Pradelle (1935-2022), juriste français et professeur émérite de droit international.
- Géraud Portal (né en 1987), contrebassiste et compositeur de jazz français.
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