12 octobre : le vote quasi unanime du RMI à l'Assemblée nationale...
12 octobre 1988 : L’adoption quasi unanime du RMI en première lecture à l’Assemblée nationale
Au Palais-Bourbon, un événement parlementaire rarissime se produit dans la nuit. Porté par le gouvernement de Michel Rocard et inspiré par les plaidoyers sans relâche du père Joseph Wresinski, le projet de loi instaurant le Revenu minimum d'insertion est soumis au vote des députés en première lecture. Alors que les clivages politiques sont vifs entre la majorité socialiste et l'opposition de droite, l'immense majorité des bancs parlementaires choisit de faire bloc face à la misère sociale.
Le texte est voté dans une quasi-unanimité spectaculaire : seuls trois députés votent contre, un fait exceptionnel sous la Cinquième République pour une réforme de cette envergure. Le RMI pose un principe républicain novateur : accorder à chaque citoyen sans ressources une garantie financière de base, tout en s'engageant collectivement à faciliter son retour vers l'emploi et la vie citoyenne.
Adoptée définitivement le 30 novembre puis promulguée le 1er décembre 1988, cette loi pionnière a jeté les bases du modèle de solidarité moderne français, devenant l'ancêtre direct du Revenu de solidarité active qui soutient aujourd'hui encore des millions de foyers.
12 octobre 1960 : Le coup de chaussure de Nikita Khrouchtchev à l’ONU
En pleine Guerre froide, la 15ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York offre un spectacle diplomatique pour le moins inattendu. Alors que le représentant des Philippines monte à la tribune pour dénoncer l'emprise coloniale de l'Union soviétique sur les pays d'Europe de l'Est, le maître du Kremlin ne décolère pas. Piqué au vif par cette attaque frontale, Nikita Khrouchtchev invective d'abord l'orateur, le qualifiant haut et fort de laquais de l'impérialisme, avant de commettre un geste inédit dans les annales internationales.
Sous les regards médusés des délégations du monde entier, le dirigeant soviétique ôte l'une de ses chaussures et se met à marteler violemment son pupitre pour couvrir la voix de son contradicteur. Face au tumulte grandissant, le président de séance, le diplomate irlandais Frederick Boland, tente désespérément de ramener le calme en frappant de toutes ses forces avec son marteau présidentiel. Le coup est si puissant que le manche se brise net sur la table, scellant l'une des scènes les plus ubuesques de l'histoire des relations internationales.
12 octobre 1924 : La disparition d’Anatole France, géant des lettres républicaines
À l'âge de 80 ans, dans sa propriété de La Béchellerie près de Tours, François Anatole Thibault s'éteint paisiblement. Connu du monde entier sous le pseudonyme d'Anatole France, l'écrivain représentait une véritable institution morale et intellectuelle. Couronné par le prix Nobel de littérature en 1921 et académicien respecté, il incarnait l'élégance classique de la langue française autant que l'esprit critique dreyfusard aux côtés d'Émile Zola et de Jean Jaurès.
Sa disparition suscite un immense deuil au sein de la Troisième République. Quelques jours plus tard, la Nation lui accorde des funérailles grandioses à Paris, réunissant les plus hautes personnalités politiques, les ambassadeurs étrangers et une foule d'admirateurs venus saluer celui qui avait mis sa verve au service des droits de l'homme et de la laïcité.
12 octobre 1968 : L’ouverture sous tension des Jeux olympiques de Mexico
Dans l'enceinte du stade olympique de Mexico, la flamme s'embrase pour marquer le lancement officiel des XIXᵉ Jeux olympiques d'été. L'événement est pionnier à plus d'un titre : pour la première fois de l'histoire, la compétition mondiale se tient sur le sol latino-américain et à une altitude extrême de plus de 2 240 mètres. La date d'ouverture a été minutieusement choisie par les organisateurs pour coïncider avec l'anniversaire de l'arrivée de Christophe Colomb sur le continent en 1492.
Pourtant, l'ambiance sportive ne dissimule pas la vive tension politique qui secoue le pays hôte, marqué dix jours plus tôt par le massacre sanglant de centaines d'étudiants sur la place des Trois-Cultures. Malgré cette ombre tragique, l'air raréfié de Mexico permet aux athlètes d'affoler les chronomètres et d'accomplir des bonds prodigieux, annonçant également des tribunes de revendications politiques inédites contre les ségrégations raciales.
12 octobre : Saint Wilfried
Né vers 634 en Northumbrie (dans l'actuelle Angleterre), Saint Wilfried est une figure majeure de l'Église chrétienne anglo-saxonne du VIIe siècle. Issu d'une famille noble, il entre très jeune au monastère de Lindisfarne avant de voyager en Gaule et à Rome pour y découvrir les usages liturgiques continentaux.
À son retour, il s'illustre particulièrement lors du synode de Whitby en 664. Durant cette assemblée historique, il défend avec succès les coutumes romaines, notamment le calcul de la date de Pâques, face aux traditions celtiques locales. Nommé évêque d'York, il consacre une grande partie de sa vie à l'évangélisation, à l'organisation de l'Église et à la construction de grands sanctuaires en pierre inspirés du modèle romain, comme les abbayes de Ripon et de Hexham.
Sa personnalité affirmée et ses désaccords réguliers avec les rois de Northumbrie et l'archevêque de Cantorbéry lui valent plusieurs exils. Loin de se décourager, il met à profit ces périodes d'éloignement pour évangéliser les populations païennes du Sussex et des îles de Frise. Il meurt en 709 au monastère d'Oundle, laissant le souvenir d'un pasteur infatigable et d'un bâtisseur passionné.
Les saints du jour
Le 12 octobre, l'Église fête également d'autres saints et figures spirituelles chrétiennes :
- Saint Séraphin de Montegranaro, religieux capucin italien réputé pour son humilité et sa prière.
- Saint Carlo Acutis, jeune laïc italien passionné d'informatique, canonisé pour son amour de l'Eucharistie et sa foi ardente.
- Saint Félix et Saint Cyprien, évêques et martyrs en Afrique du Nord au Ve siècle avec plusieurs milliers de chrétiens.
- Saint Maximilien de Lorch, évêque et martyr en Autriche au IIIe siècle.
- Saint Edwin de Northumbrie, roi converti par saint Paulin au VIIe siècle.
Les célébrités portant ce prénom
- Wilfrid Laurier (1841-1919), homme politique et premier francophone à occuper le poste de Premier ministre du Canada.
- Wilfried Martens (1936-2013), homme d'État et Premier ministre belge à plusieurs reprises.
- Wilfried Zaha (né en 1992), joueur de football international ivoirien.
- Wilfried Bony (né en 1988), joueur de football international ivoirien, vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations.
- Wilfried Nancy (né en 1977), entraîneur français et ancien joueur de football professionnel.
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