Démarchage téléphonique interdit : pourquoi vous recevez toujours des appels indésirables ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/09/2026
Appel indésirable
Istock
Malgré l'interdiction stricte du démarchage téléphonique sans accord préalable et la fermeture définitive de Bloctel le 11 août, les démarcheurs contournent massivement les règles pour saturer les lignes des Français.

La fin de l'ancienne liste d'opposition Bloctel devait restaurer la tranquillité des ménages grâce à l'obligation d'un consentement préalable. Pourtant, six semaines après l'application du nouveau cadre législatif, les combinés continuent de sonner au rythme d'appels intempestifs. Les plaintes affluent auprès des autorités, révélant les failles d'une réglementation mise à mal par des techniques de contournement de plus en plus sophistiquées.

Une avalanche de signalements enregistrée sur SignalConso

Depuis le 11 août, date du passage au régime de l'"opt-in", les consommateurs expriment sans détour leur exaspération. Selon les données communiquées par la répression des fraudes, relayées par TF1 Info, le portail officiel SignalConso a déjà enregistré près de 26 000 signalements en seulement six semaines. Ce volume d'alertes témoigne de la déception générale après l'abandon du système Bloctel, jugé inopérant par les usagers mais dont le successeur peine à montrer ses effets protecteurs.

La loi n° 2025-594 encadre pourtant sévèrement ces pratiques en imposant l'accord exprès du consommateur avant toute prospection vocale. Tout contrevenant s'expose à de lourdes sanctions administratives, avec des amendes pouvant grimper jusqu'à 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale. Par ailleurs, la prospection demeure totalement bannie pour des secteurs ciblés comme la rénovation énergétique ou le compte personnel de formation, même si le particulier avait antérieurement manifesté un accord.

L'intelligence artificielle et les serveurs offshores contournent la loi

Cette persistance des sollicitations repose sur l'évolution technologique des démarcheurs peu scrupuleux. De nombreuses officines emploient désormais des robots conversationnels dotés d'intelligence artificielle, capables d'émettre des millions d'appels à la minute tout en reproduisant des inflexions de voix humaines pour tromper la vigilance des interlocuteurs.

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Pour brouiller les pistes, ces réseaux ont massivement recours à l'usurpation d'identité téléphonique, communément appelée spoofing. Le téléphone affiche des indicatifs français géographiques en 01, 04 ou 09, masquant des plateformes techniques hébergées en dehors des frontières européennes. Face à ces centres clandestins sans existence juridique en France, la DGCCRF fait face à une limite extraterritoriale qui neutralise le pouvoir dissuasif des sanctions financières.

Les réflexes à adopter face aux sonneries répétées

Face à ce flot continu, chaque abonné peut alimenter les dossiers de la répression des fraudes en déclarant chaque abus sur SignalConso, en indiquant précisément l'heure, le numéro émetteur et la nature du démarchage. Même si ce signalement ne stoppe pas immédiatement les appels sur l'appareil de la victime, il permet aux enquêteurs de localiser les flux illicites.

La meilleure protection immédiate réside dans l'utilisation des boucliers numériques intégrés. Les systèmes d'exploitation pour mobiles Android et iOS proposent des outils natifs de détection des spams et d'attribution d'appels suspects, qu'il est recommandé d'activer en complément d'applications de filtrage collaboratives. Au moment de décrocher devant un numéro inconnu, il convient enfin de ne prononcer aucun mot d'accord verbal, d'éviter tout rappel et de sommer immédiatement l'interlocuteur de supprimer vos coordonnées de ses bases de données.

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