Alerte de l’Anses : le stockage des pellets de bois, un risque mortel méconnu d’intoxication au monoxyde de carbone

Publié par Sarah Martin
le 14/04/2026
Alerte de l’Anses : le stockage des pellets de bois, un risque mortel méconnu d’intoxication au monoxyde de carbone
Istock
Lundi 13 avril, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a mis en garde contre un risque domestique méconnu : le stockage des pellets, ou granulés de bois, utilisés pour certains poêles et chaudières. En dégageant un gaz toxique, ils peuvent provoquer des symptômes parfois graves.

Selon les données de la filière bois-énergie de 2026, le chauffage aux granulés équipe un pan massif de la population française. Néanmoins, une menace redoutable plane sur ces installations, particulièrement à l'approche des saisons chaudes. Les autorités sanitaires mettent en lumière un phénomène chimique insoupçonné qui transforme les réserves domestiques en pièges dangereux pour les occupants.

Une alerte de l'Anses face à un gaz mortel sans flamme

Le bulletin Vigil’Anses publié le 13 avril 2026 rapporte une découverte alarmante : les granulés de bois dégagent des quantités massives de monoxyde de carbone (CO) par simple réaction chimique, sans nécessiter la moindre combustion

L'Agence nationale de sécurité sanitaire fonde cette mise en garde sur une intoxication sévère survenue dans le Haut-Rhin. Selon les rapports d'intervention du SDIS, en mai 2025, un homme de 87 ans a frôlé la mort. Les pompiers l'ont extrait d'un sous-sol abritant quatre tonnes de pellets, où l'air affichait un taux de 700 ppm de CO, un seuil de danger immédiat.

Pourquoi le bois produit du poison en silence ?

La dégradation naturelle des acides gras contenus dans la matière rejette du monoxyde de carbone, du CO2 et du méthane, tout en absorbant l'oxygène de la pièce. Le bulletin Vigil’Anses décrit ce processus : "Les granulés peuvent émettre du CO sans combustion, par auto-échauffement résultant d’une oxydation naturelle des acides gras du bois".

La température agit comme un puissant catalyseur. L'institution précise que les émissions débutent dès 15°C et augmentent de manière exponentielle avec la chaleur ambiante. Elles deviennent "dix à quinze fois plus élevées à 40°C". Le choix des essences influence fortement la toxicité : le pin et le sapin s'avèrent bien plus émissifs que l'épicéa. Totalement inodore et invisible, ce poison gazeux stagne dans les espaces clos comme les garages, les caves ou les silos. En l'absence d'une étanchéité parfaite, il diffuse sournoisement vers les pièces de vie.

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Comment sécuriser efficacement votre stockage ?

L'apparition de maux de tête, de nausées ou de vertiges lors de l'approche d'un silo impose une aération d'urgence. Pour protéger votre domicile, installez une ventilation permanente donnant vers l'extérieur au sein de votre zone de stockage. Attention, votre détecteur de fumée classique reste aveugle face à ce gaz. Placez impérativement un capteur de monoxyde de carbone spécifique à proximité de la réserve, en complément de celui qui surveille votre poêle.

Ne pénétrez jamais dans une réserve fermée contenant du vrac sans aérer longuement au préalable. Bien que les sacs achetés en grande surface limitent les émanations massives, ils requièrent une vigilance identique. Les experts recommandent un stockage extérieur ou un aménagement dans un local totalement coupé du logement principal. Avec la hausse du thermomètre, écouler son stock avant l'été réduit l'exposition aux fortes températures

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