Attentats du 7-Octobre : Benjamin Netanyahu accuse l'armée de ne pas l'avoir averti volontairement
La scène politique israélienne traverse une nouvelle zone de turbulences à l'approche du prochain scrutin législatif. Le Premier ministre et sa conjointe multiplient les attaques directes contre l'appareil sécuritaire et les figures politiques rivales, ravivant de profondes divisions nationales. Cette stratégie de défense agressive suscite l'indignation des responsables visés et menace de fragiliser encore davantage les institutions de l'État hébreu.
Une offensive verbale coordonnée contre l'armée et l'opposition
Sur les réseaux sociaux et auprès des médias locaux, Benjamin Netanyahu a directement mis en cause les hauts gradés de la Défense. Selon le chef du gouvernement, la hiérarchie militaire a sciemment omis de l'alerter à l'aube de l'attaque du Hamas. "Vous m'avez demandé ce qui se serait passé s'ils m'avaient réveillé ? Cette [invasion du 7-Octobre] n'aurait pas eu lieu", a-t-il affirmé, relayé par The Times of Israel.
D'après ses propos rapportés par la chaîne N12, les chefs sécuritaires auraient redouté sa réaction : "Ils savaient qu'en tant que Premier ministre d'Israël, j'aurais immédiatement donné l'ordre de mettre l'ensemble de l'armée en état d'alerte et j'aurais ainsi empêché l'invasion."
Dans le même temps, son épouse Sara Netanyahu s'en est prise violemment à Yaïr Golan, dirigeant du parti d'opposition "Les Démocrates". Lors d'un entretien accordé à Channel 14, elle a insinué que l'ancien général possédait des informations préalables sur l'assaut terroriste en raison de sa présence très matinale près des zones attaquées.
La réaction du dirigeant de gauche ne s'est pas fait attendre. L'ancien officier supérieur, qui s'était rendu sur place en civil pour secourir des rescapés sous les tirs, dénonce des affirmations infondées (il avait sauvé au moins six personnes d'une mort certaine lors du Festival Nova, où 350 personnes périrent sous les balles des terroristes selon BFM TV).
Par le biais d'un courrier officiel, son avocat a adressé une mise en demeure exigeant des excuses publiques et le versement d'un don aux victimes du massacre. Faute d'accord, il menace d'engager une poursuite en justice réclamant la somme de 2,5 millions de shekels (environ 615 000 euros), qualifiant les propos tenus de "diffamation la plus grave qui soit."
Réécriture du récit, calculs électoraux et fracture sociétale
Cette manœuvre vise à transférer l'entière responsabilité du désastre sécuritaire sur le haut commandement militaire et les services de renseignement. Face à l'échéance électorale, le camp au pouvoir cherche à remobiliser sa base traditionnelle en désignant les élites sécuritaires et judiciaires comme les seules coupables des défaillances opérationnelles.
Cette rhétorique alimente un terreau fertile au sein de l'opinion publique. Selon de récents sondages, 40 % des Israéliens et 63 % des électeurs de la coalition au pouvoir accordent du crédit à la thèse d'une complicité ou d'une trahison interne. Ce récit s'oppose pourtant frontalement aux conclusions des enquêtes internes menées par l'armée israélienne et le Shin Bet, qui ont documenté des erreurs d'analyse systémiques sans la moindre trace de collusion.
Ces attaques répétées provoquent une crise de confiance institutionnelle sans précédent entre le pouvoir exécutif et Tsahal. En sapant l'autorité du commandement militaire en temps de guerre, cette polémique électorale fragilise la cohésion nationale alors que le pays affronte des menaces stratégiques intenses sur plusieurs fronts régionaux.
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