Attentat de Trappes : le RN porte plainte contre Le Monde après la diffusion de fausses informations

Publié par Matthieu Chauvin
le 27/10/2026
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Quatre jours après l'attaque mortelle perpétrée dans les Yvelines, le Rassemblement national engage des poursuites en diffamation contre le journal Le Monde pour avoir affirmé que des tracts du parti se trouvaient dans le véhicule de l'assaillant.

Le vendredi 23 octobre, une attaque armée menée à Trappes et La Verrière a fait un mort et plusieurs blessés, plongeant le pays dans l'émoi. Très vite qualifié d'acte terroriste par les autorités judiciaires, ce drame a déclenché une violente tempête politique et médiatique. L'évocation d'un lien matériel entre le tireur et le parti présidé par Jordan Bardella a provoqué une vive contre-offensive judiciaire.

Riposte judiciaire du Rassemblement national contre Le Monde

La direction du Rassemblement national a officialisé ce mardi 27 octobre le dépôt d'une plainte pour diffamation contre Le Monde. Selon les déclarations de Bruno Bilde, vice-président du mouvement chargé des affaires juridiques, la formation politique refuse de tolérer la parution d'éléments jugés trompeurs : "En diffusant une information infondée, mensongère et démentie hier par le procureur de la République au sujet de tracts RN qui auraient été retrouvés dans la voiture du tueur de Trappes, le journal Le Monde s'est une fois encore prêté à une opération militante visant à salir le Rassemblement national", a affirmé le responsable dans un communiqué.

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L'origine du litige remonte à un article du quotidien qui affirmait, sur la foi d'une source proche du dossier, que des tracts partisans avaient été saisis dans la voiture de l'assaillant, Kévin T.. Cette allégation a été formellement balayée lors du point presse tenu le 26 octobre par le procureur national antiterroriste. Olivier Christen a affirmé sans détour qu'"aucun tract d'un parti politique n'a été découvert dans son véhicule." Bien que la rédaction du quotidien ait procédé à une rectification sur sa version en ligne, la direction du journal n'a pas commenté l'action judiciaire engagée contre elle.

La situation est tendue. A tel point que des salariés du groupe Le Monde s'en sont pris verbalement et physiquement à un journaliste du média Frontières, classé à l'extrême-droite et qui collabore quotidiennement avec CNews. Celui-ci était venu en interroger certains sur l'absence de mea culpa du journal après la divulgation de cette fake news. La vidéo est rapidement devenue virale.

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Profil du tireur, fractures politiques et qualification criminelle

Sur le terrain judiciaire, les investigations se poursuivent après une équipée sanglante qui a fait un mort, Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et cinq blessés, dont une fillette de 12 ans. L'enquête met en lumière un tireur ayant délibérément ciblé des victimes en raison de leur origine, affirmant vouloir venger de précédentes dégradations. Les premiers constats décrivent un individu isolé, sans affiliation partisane établie. L'état psychiatrique du tireur a toutefois contraint les autorités à suspendre sa garde à vue pour un transfert en observation psychiatrique d'une durée initiale de 48 heures.

Cette séquence a immédiatement embrasé le débat public. Plusieurs formations de gauche, menées par La France insoumise, les écologistes et les socialistes, ont dénoncé l'impact du climat idéologique ambiant. En réponse, les porte-paroles du Rassemblement national ont multiplié les interventions télévisées pour récuser toute responsabilité morale, dénoncer une tentative de récupération politique et relancer leurs critiques sur la situation sécuritaire de la commune de Trappes.

Face aux controverses et aux interrogations soulevées par la santé mentale du suspect, l'exécutif maintient une ligne ferme. Interrogé sur l'antenne de BFMTV-RMC, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a réaffirmé la position de l'État : "Ça n'enlèvera pas le qualificatif d'attentat terroriste, que les choses soient claires."

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