Affaire Sébastien Delogu : épinglé pour impayés, le député LFI annonce avoir régularisé sa pension alimentaire

Publié par Matthieu Chauvin
le 19/09/2026
Sébastien Delogu
abacapress
Visé par une enquête pour abandon de famille, le député LFI Sébastien Delogu a affirmé avoir remboursé l'intégralité de sa dette de pension alimentaire, qui frôlait les 20 000 euros.

L'élu de la France insoumise tente d'éteindre l'incendie médiatique et judiciaire qui le vise depuis le début du mois de septembre. Révélée par Mediapart, cette affaire privée a rapidement pris une dimension politique nationale, jetant une ombre sur le discours féministe et social porté par sa formation.

L'annonce de la régularisation et le mea culpa du député

Dans une prise de parole publique le 19 septembre 2026 relayée par Le Parisien, Sébastien Delogu a confirmé avoir enfin réglé les sommes dues à son ex-compagne pour l'entretien de leurs deux enfants âgés de 13 et 15 ans. "C'est désormais régularisé", a tranché le parlementaire des Bouches-du-Rhône, actant ainsi la réalité d'un manquement financier étalé sur plus d'un an.

Le député insoumis a présenté publiquement ses excuses pour cette situation, affirmant que ses obligations financières et familiales sont aujourd'hui en règle. Cette contrition marque un tournant net dans sa stratégie de défense, alors que l'indignation gagnait les rangs politiques et militants.

Cette annonce constitue en effet un revirement spectaculaire par rapport à ses déclarations initiales. Lors de son audition par les enquêteurs de la police le 26 août 2026, révélée par la presse, l'élu invoquait des "difficultés financières" ainsi que des tensions personnelles pour justifier ses retards. Un argumentaire qui peinait à convaincre l'opinion publique, alors que l'indemnité parlementaire mensuelle s'élève à 6 045 euros nets par mois pour chaque représentant de la nation.

Enquête pour abandon de famille et failles du recouvrement

Le scandale a éclaté le 7 septembre 2026 après la publication d'une enquête détaillée de Mediapart. Le média indépendant révélait alors que l'élu marseillais n'avait pas versé sa pension alimentaire de 1 200 euros par mois durant 17 mois consécutifs, accumulant une dette globale de 19 800 euros. Face à cette situation, le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire visant deux chefs distincts : "abandon de famille" et "soustraction d’enfant".

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Ce dossier met également en lumière d'importants blocages administratifs. La mère des deux adolescents avait pourtant engagé des démarches de recouvrement forcé auprès de l'Agence de recouvrement et d'intermédiation des pensions alimentaires (Aripa) gérée par la Caf, ainsi qu'auprès de commissaires de justice. Ces tentatives de saisie sont restées lettre morte, en raison notamment des particularités institutionnelles et bancaires entourant les comptes de l'Assemblée nationale, rendant la procédure particulièrement complexe.

Sur le terrain judiciaire, ce remboursement tardif ne clôture pas automatiquement le dossier pénal. Selon l'article 227-3 du Code pénal, le non-paiement d'une pension alimentaire fixée judiciairement pendant plus de deux mois expose son auteur à 2 ans de prison et 15 000 euros d'amende, l'action publique n'étant pas systématiquement éteinte par la régularisation. Politiquement, l'épisode fragilise l'image de La France insoumise, mouvement qui place la défense des mères isolées et des familles monoparentales au centre de son combat quotidien.

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