Affaire Grégory : sa mère porte plainte 40 ans après

Publié par Matthieu Chauvin
le 12/10/2026
Petit Grégory
AFP
Plus de quarante ans après la mort de son fils, Christine Villemin poursuit l'ancienne journaliste Marie-France Lefèvre-Bezzina devant la justice pour diffamation publique.

Quarante ans après le drame qui a marqué la France, la mère de Grégory Villemin refuse de laisser prospérer les accusations infondées. Face aux publications répétées remettant en cause son innocence sur Facebook, elle choisit la voie pénale pour faire respecter la vérité judiciaire.

Une assignation pour diffamation devant le tribunal judiciaire de Paris

Représentée par Me François Saint-Pierre, Christine Villemin assigne l'ancienne journaliste Marie-France Lefèvre-Bezzina, âgée de 81 ans, devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Selon les éléments de la procédure relayés par l'AFP, la plaignante réclame 100 000 euros de dommages et intérêts en réparation de l'atteinte portée à son honneur. "Un moment donné, ça suffit. Il est inadmissible que cette personne accuse Christine Villemin d’être la meurtrière de son enfant, alors même que la Justice l’a totalement innocentée" a réagi l'avocat, selon Ouest-France.

Les propos incriminés auraient été diffusés au sein d'un groupe Facebook public intitulé "Affaire Grégory = mensonge d'État", rassemblant plusieurs milliers de membres (nous ne l'avons pas retrouvé). L'ancienne reporter y présentait ouvertement Christine Villemin comme étant à la fois le corbeau et la meurtrière de son propre enfant, écrivant notamment : "Il n'y a pas besoin d'aveu : elle ne fait que mentir"

Cette assignation marque une riposte déterminée contre la réapparition de thèses totalement écartées par la justice. En saisissant la juridiction spécialisée dans le droit de la presse, la mère de famille entend marquer un coup d'arrêt face aux théories complotistes qui pullulent sur les plateformes numériques.

La force juridique du non-lieu de 1993 face aux dérives des réseaux sociaux

Cette démarche rappelle l'autorité absolue de l'arrêt rendu par la cour d'appel de Dijon le 3 février 1993. Les magistrats avaient accordé un non-lieu total à Christine Villemin pour "absence de charges", une formule exceptionnelle dans le droit français qui équivaut à une proclamation d'innocence définitive. Sur le plan juridique, cette décision rend toute accusation ultérieure automatiquement diffamatoire.

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Les espaces numériques ne confèrent aucune impunité à leurs utilisateurs. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse régit pleinement les messages postés sur des groupes publics en ligne. La mise en cause s'expose ainsi à une amende pénale en plus de la réparation financière demandée, le droit interdisant formellement d'invoquer la vérité des faits face à un arrêt judiciaire irrévocable.

Cette procédure intervient alors que l'instruction criminelle sur l'assassinat commis le 16 octobre 1984 demeure active au pôle cold cases de Dijon. Alors que de nouvelles expertises génétiques et graphologiques mobilisent toujours les magistrats pour démasquer les coupables, Christine Villemin utilise la loi pour préserver sa dignité et la sérénité des investigations.

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