Affaire Bally Bagayoko : un élu alertait dès 2018 sur de présumées dérives
La justice financière s'intéresse de près aux activités professionnelles et aux mandats passés de l'édile dionysien. Cette procédure ravive des controverses locales documentées depuis plusieurs années autour du cumul de ses revenus publics. La situation place désormais l'exécutif municipal sous une intense pression juridique et politique.
Le Parquet national financier ouvre une enquête sur les rémunérations de l'élu
Le 19 août 2026, le Parquet national financier a engagé une enquête préliminaire visant Bally Bagayoko. L'enquête porte sur des faits présumés de détournement de fonds publics, de recel et de concussion, régis par les articles 432-15, 321-1 et 432-10 du Code pénal. Le ministère public a précisé dans un communiqué officiel vouloir "procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d'emploi" de l'élu au sein de la régie autonome des transports parisiens.
Cette action judiciaire fait suite à des révélations parues dans la presse d'investigation et à des signalements déposés par l'association AC!! Anti-corruption. Face aux accusations d'emploi fictif visant ses fonctions de cadre à la RATP, le président de l'organisation, Marcel Claude, a insisté auprès de l'AFP : "La seule chose qui anime AC!! Anticorruption, c'est l'argent public, et rien d'autre."
L'élu conteste fermement toute irrégularité. Sur le réseau social X, le maire de Saint-Denis a affirmé que "cette succession de séquences médiatiques participe d'une volonté de me discréditer politiquement", dénonçant une manœuvre orchestrée par ses opposants depuis son accession à la tête de la municipalité.
Les alertes de 2018 et les zones d'ombre du cumul d'activités publiques
Comme le révèle CNews, les soupçons actuels trouvent leur origine dans des alertes formulées dès 2018 par l'élu communiste de Seine-Saint-Denis Philippe Carreau. Ce dernier avait mis en lumière des discordances importantes en analysant les déclarations transmises à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Les données déclarées pour la période comprise entre 2011 et 2014 révèlent une rémunération annuelle moyenne de 112 769 euros, soit près de 9 400 euros bruts par mois. Ce total cumulait 51 447 euros perçus à la RATP (45,62 %), 45 500 euros du Conseil général de la Seine-Saint-Denis (40,33 %) et 15 822 euros d'indemnités municipales (14,03 %). En 2015, le conseil municipal avait également voté une augmentation de 102 % de ses indemnités d'adjoint relate la chaîne d'information continue.
Les magistrats examinent désormais la compatibilité effective entre un poste salarié à temps plein au sein d'une entreprise publique et l'exercice de mandats locaux exigeants. L'enquête devra vérifier les obligations de présence de l'élu, les dérogations accordées par la régie et la réalité des missions professionnelles assurées sur cette période.
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