2027 : malgré un coût déjà validé, ce candidat veut supprimer tous les avantages des anciens présidents

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/11/2026
François Ruffin
abacapress
Alors que le budget 2027 réserve 2,3 millions d'euros pour l'après-Élysée d'Emmanuel Macron, François Ruffin réclame l'extinction complète des rentes et des moyens matériels accordés aux anciens chefs de l'État.

À l'approche du scrutin présidentiel, la publication du projet de loi de finances pour 2027 provoque une vive tempête politique à l'Assemblée nationale. La découverte d'une enveloppe dédiée à l'installation future du chef de l'État sortant a suscité de vives critiques dans les rangs de l'opposition. Le député de la Somme s'est emparé de ce dossier pour contester l'ensemble des dépenses publiques liées à l'après-mandat.

L'offensive de François Ruffin contre les frais d'installation d'Emmanuel Macron

La polémique est née des révélations issues du rapport parlementaire de la députée Marie-Christine Dalloz, relayé par la chaîne LCP. Le projet de loi de finances pour 2027 inscrit une dotation de 2,3 millions d'euros destinée à financer le bail de six ans et les aménagements de sécurité des futurs locaux professionnels d'Emmanuel Macron. Du côté de l'Élysée, l'entourage présidentiel justifie cette démarche en expliquant qu'il s'agit d'une "procédure préventive des services, fondée sur les expériences des présidents passés." Cet argument n'a pas suffi à apaiser la contestation.

Invité sur l'antenne de BFMTV-RMC, François Ruffin a vivement dénoncé ce dispositif, estimant qu'une telle dépense constitue une provocation face aux efforts budgétaires réclamés aux ménages. Le parlementaire a ciblé directement le chef de l'État avec une déclaration tranchante : "Vu son bilan, il ne devrait plus y avoir un rond pour Macron à la sortie de l'Élysée."

Le député demande l'abandon pur et simple des locaux parisiens, des chauffeurs et des équipes administratives accordés aux anciens présidents. François Ruffin réaffirme ainsi les ambitions de sa proposition de loi déposée au cours de l'été. Ce texte ambitionne d'abolir l'intégralité des privilèges de fin de mandat afin de ramener les anciens présidents de la République au statut de simples "citoyens ordinaires."

Vous avez aimé cet article ?

Il a ainsi déclaré à nos confrères : "Il y a un principe : l'exemple doit venir d'en haut. Ça fait 40 ans qu'on a des gouvernements et des présidents qui viennent dire aux Français vous devez faire des efforts, vous devez faire des sacrifices. Là dans le prochain budget, ce sont les accidentés du travail, ce sont les salariés, qui doivent se serrer la ceinture. Et vous avez les gens qui leur disent ça en haut qui eux se prennent des majordomes, se prennent des cuisiniers. Il doit y avoir un ruissellement. Un ruissellement du bon exemple qui doit venir d'en haut."

Cadre légal et fracture politique autour du statut des anciens chefs d'État

Le régime en vigueur découle pourtant de textes officiels anciens et révisés. L'article 19 de la loi du 3 avril 1955 accorde une dotation financière viagère indexée sur le traitement d'un conseiller d'État. Ce cadre a été précisé par le décret du 4 octobre 2016 signé par François Hollande. Le texte attribue aux anciens présidents sept collaborateurs et deux agents de service pendant leurs cinq premières années de retrait, une équipe ensuite réduite à trois collaborateurs et un agent.

Ce fonctionnement pèse sur les finances publiques. Le maintien des cabinets de Nicolas Sarkozy et de François Hollande représente une dépense annuelle comprise entre 3 et 4 millions d'euros en additionnant le secrétariat, les locaux et la protection policière. Même si Emmanuel Macron a annoncé dès 2019 son renoncement personnel à la retraite de 1955 et à son siège de droit au Conseil constitutionnel, ses frais matériels futurs restent programmés par l'administration.

Cette question trace une ligne de partage politique très nette en vue de l'élection de 2027. La gauche et plusieurs mouvements souverainistes défendent une austérité rigoureuse sur ces privilèges au nom de la probité républicaine. Les défenseurs de la tradition institutionnelle rappellent quant à eux que ces moyens garantissent la représentation internationale des anciens dirigeants et la préservation indispensable des secrets d'État.

Google News Voir les commentaires