2027 : Jean-Luc Mélenchon dévoile le contre-budget de LFI, à base de milliards de taxes en plus...
Mercredi 14 octobre 2026, le leader de La France insoumise a accéléré le calendrier politique en présentant sa trajectoire financière en cas d'accession à l'Élysée. Entouré de ses cadres économiques, l'ancien député entend démontrer qu'une alternative aux politiques de rigueur reste finançable sans toucher aux impôts des classes moyennes et populaires.
Une feuille de route financière offensive pour 2027
Lors d'une conférence de presse organisée à Paris, Jean-Luc Mélenchon s'est affiché aux côtés d'Éric Coquerel, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Ensemble, ils ont détaillé la structure d'un projet de loi de finances rectificative prêt à être appliqué dès l'été 2027. Selon Public Sénat, le dispositif repose sur un volume massif de 106,4 milliards d'euros de recettes nouvelles.
Ce volet de recettes cible prioritairement les grandes fortunes et les multinationales. Le plan intègre l'instauration de la taxe Zucman visant les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros pour un gain espéré de 15 milliards d'euros, la création d'un ISF climatique évalué à 10 milliards d'euros, la suppression de la " flat tax" sur les revenus du capital estimée à 9 milliards d'euros, ainsi qu'un durcissement de la taxe sur les Gafam et le rabotage ciblé des niches fiscales.
En face, le programme prévoit 81,7 milliards d'euros de dépenses nouvelles affectées en priorité aux services publics. Les mesures phares comprennent des vagues de recrutements hospitaliers, la revalorisation du point d'indice des agents publics et l'amorce du retour de la retraite à 60 ans, avec une première étape fixée à 62 ans pour un coût immédiat chiffré à 9 milliards d'euros. Enfin, le solde positif permettrait d'affecter 25 milliards d'euros dès la première année à la réduction de la dette publique.
Stratégie politique, faisabilité et bataille idéologique
Ce cadrage financier marque une rupture totale avec la politique de l'offre menée ces dernières années. Jean-Luc Mélenchon fustige les allègements accordés aux entreprises : selon des propos rapportés par Public Sénat, les présidents successifs ont organisé "l'appauvrissement méthodique et organisé de l'État." Le dirigeant insoumis martèle sa formule face aux journalistes : "C'est 16 milliards de plus que le déficit (…) Les aides sont le déficit et le déficit, c'est la dette (…) Ce trou est exclusivement dû aux aides."
Ce contre-budget s'inscrit dans le sillage des batailles parlementaires déjà engagées dans l'hémicycle. La gauche avait tenté à plusieurs reprises de faire adopter l'ISF climatique et l'impôt plancher sur les milliardaires lors des examens budgétaires précédents, se heurtant au refus systématique du bloc central et de la droite.
Sur le terrain macroéconomique, les oppositions et plusieurs organisations patronales dénoncent un scénario irréaliste. Leurs critiques pointent le danger d'une fuite massive des capitaux et d'une explosion de l'évasion fiscale face à un tel choc de prélèvements obligatoires.
En posant ses chiffres sur la table dès l'automne 2026, Jean-Luc Mélenchon force la classe politique à aborder frontalement la question budgétaire. La manœuvre oblige désormais l'ensemble des candidats déclarés à clarifier leurs arbitrages entre austérité, fiscalité et désendettement national.
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