Jeudi soir sur BFM TV, l’ancienne secrétaire d’Etat a livré un émouvant témoignage de son compagnon Charb, tué dans l’attentat de Charlie Hebdo. "J'étais avec un héros que j'admirais", a-t-elle déclaré.

Peu savaient qu’ils étaient en couple. Lui, communiste, elle engagée à droite. Ils étaient pourtant ensemble depuis trois ans. "J'étais avec un héros que j'admirais. C'était quelqu'un de très gai, qui s'était fait lui-même. Il se sentait menacé. On essayait de vivre normalement, mais c'était compliqué", a raconté, très émue, Jeannette Bougrab jeudi soir sur le plateau de BFM TV. Celle qui partageait la vie de Stéphane Charbonnier, dit Charb, a livré un témoignage très émouvant de celui qu’elle appelle son "amoureux". J’ai perdu "l’être aimé, (m) on amour, une partie (de moi)", a-t-elle déclaré. Quant à son quotidien avec le directeur de Charlie Hebdo, Jeannette Bougrab a évoqué des "moments de joie et de liberté" mais aussi un sentiment de "peur". "Il savait qu’il allait mourir (…) il était prêt à mourir pour ses idées", a-t-elle expliqué. "J’avoue que je ne réalise pas encore ce qui s’est passé", a confié Jeannette Bougrab.

"Tous ces dessinateurs méritent le Panthéon""On l’a exécuté parce qu’il défendait la laïcité, l’esprit victorien, le fruit de cet idéal de République. Il est mort debout, il a été exécuté, avec ses camarades, comme il me dirait. On peut être très fiers de lui", a-t-elle ensuite assuré, avant d’ajouter : "tous ces dessinateurs méritent le Panthéon" car "ils se sont battus pour des principes et des libertés que l’on a oublié de défendre". Et celle-ci de poursuivre, au bord des larmes : "Ils sont morts pour que l’on puisse rester libre dans ce pays, en France".

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"Les mesures législatives ne sont pas suffisantes""On a oublié Merah, ces enfants qui ont été tués devant une école juive, et je me dis : Est-ce que, cette fois, on prendra la mesure de ce qui s'est passé en France, c'est-à-dire qu'une guerre est déclarée ?", a-t-elle par ailleurs lancé à propos des conséquences de ce massacre. Pointant ceux qui ont souvent accusé Charlie Hebdo d’islamophobie, l’ancienne membre du gouvernement a déploré : "Quand, sans arrêt, on vous dit : Vous stigmatisez l'islam... Mais, aujourd'hui, qui est mort ? Il n'y a pas d'imam qui est mort. Ce sont eux, des combattants pour la liberté (…) les mesures législatives ne sont pas suffisantes".
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