Bas Lansdorp a récemment lancé le projet Mars One dont l’objectif est d’envoyer des Terriens sur la planète Mars en 2025. Quelque 1058 candidatures ont d’ores et déjà été retenues sur les 200 000 personnes originaires de 140 pays différents qui ont postulé. Chroniqueuse science et espace sur France Inter, Florence Porcel fait partie des 22 Français pré-sélectionnés et tentés par cette incroyable expérience.

©Capture Ecran France 5

Planet : En quoi consiste exactement le projet Mars One ?Florence Porcel : "C’est une fondation à but non-lucratif qui propose un aller simple pour Mars dans dix ans. Les candidats qui seront retenus seront ainsi formés pour s’y installer et y rester. Car s’il n’y a pas d’interdiction de revenir, ce sera cependant impossible : il n’y aura pas assez de carburant et la fusée sera techniquement incapable de redécoller.

Planet : Vous faîtes partie des 1058 candidats retenus après la première sélection. Comment vous sentez-vous ?Florence Porcel : Je suis ravie ! Sur le coup, cela m’a fait un petit choc car même si je sentais bien que j’avais des chances de passer au second tour, je ne pensais pas qu’ils écrèmeraient autant de candidats. Sur 200 000, nous ne sommes plus que 1058…

Planet : Qu’est-ce qui vous motive à vouloir participer à une telle aventure ?Florence Porcel : J’aime avant tout l’idée d’être une pionnière. Mars est également une planète fascinante. On sait qu’il y a 4 milliards d’années elle était recouverte d’eau et récemment le robot Curiosity nous a appris qu’elle avait été habitable un jour. Et puis Mars est aussi considérée comme la sœur jumelle de la Terre. Du coup, partir à sa découverte pourrait ainsi nous permettre de trouver des éléments de réponses à des questions vertigineuses comme ‘pourquoi la vie ?’, ‘qui sommes-nous ?’ ou encore ‘y-a-t-il une vie ailleurs ?’.

Planet : Avez-vous des appréhensions ?Florence Porcel : Oui et non. L’aventure est dangereuse mais les candidats retenus préparés. Ils devront subir une phase d’entraînement de dix ans au cours de laquelle ils seront formés à tout. Mars est une planète hostile et ils ne pourront compter que sur eux-mêmes pour extraire de l’eau du sol, respirer et se nourrir. Il faudra donc qu’ils soient formés à la plomberie, à la médecine, à la botanique, à l’électricité, à l’ingénierie, etc. pour être en mesure de palier tout type de situation. Dans un premier temps, les équipes vont s’installer et ensuite elles entameront des expériences scientifiques. Et puis, elles s’amuseront aussi !

Planet : Et votre entourage, ne s’inquiète-t-il pas pour vous ?Florence Porcel : Pas pour l’instant, non. Tant que ce n’est pas fait, il ne s’inquiète pas et moi non plus d’ailleurs. Les noms des finalistes ne seront annoncés qu’en 2014 et le premier départ pour Mars n’aura pas lieu avant 2024. On est large ! Et puis dans tous les cas, et malgré ma très grande motivation, je me réserve le droit de dire non à tout moment.

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Planet : La première étape passée, quelle est la suite à venir ?Florence Porcel : Il faut maintenant que je fournisse aux organisateurs un certificat médical attestant que je suis apte à mener une telle expérience. Je pense que les autres étapes consisteront ensuite en des examens psychologiques sur notre manière d’appréhender ce voyage en équipe".

Vidéo : peut-on faire pousser des plantes sur Mars ?

 

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