Vivre comme un SDF pendant 3 jours, voilà ce que propose Mike Momany, un sans domicile fixe de Seattle. Pour 2 000 dollars, il fait vivre à ses clients l’expérience de la rue. Une initiative qui fait débat.

Et si vous deveniez SDF pour quelques heures ? Grâce au « Homeless tour », ceux qui veulent vivre l’expérience de la rue seront pris en charge pour une sorte de stage en immersion. Mike Momany, né en Allemagne, réside aux Etats-Unis depuis 44 ans et vit lui-même comme un sans domicile fixe depuis deux mois. Il propose à ses clients de vivre, durant trois jours et deux nuits, comme un SDF. Il vous en coûtera la modique somme de 2 000 dollars. Interrogé par Le Point.fr, il explique sa démarche.

Des candidats triés sur le voletsLes candidats peuvent s’inscrire sur son site web. « J'ai reçu une vingtaine de messages » a confié Mike Momany au Point.fr. « Malheureusement, je dois faire le tri. Je ne peux pas me permettre d'emmener des personnes qui prennent ça à la rigolade, qui pourraient mal agir avec les SDF ». Les sept premiers à tenter l’aventure débuteront l’expérience début novembre. Mais pas question de les jeter dans la rue sans préparation, leur guide a tout prévu.

Se transformer en SDFPremière étape : avoir l’air d’un SDF, pour se fondre dans le décor. Mike Momany leur fournit donc des vêtements plus adaptés, mais aussi un petit livret, sorte de programme, et un surnom. « La conservation de leur anonymat est très importante » explique-t-il. Débute ensuite le « séjour » avec la visite des lieux d’ordinaire fréquentés par les SDF. « Si vous avez du culot, vous pourrez même essayer de mendier un peu d'argent ou de dormir sur un banc » peut-on lire sur son site.

SDF mais pas tropL’immersion dans le monde de la rue a tout de même ses limites. Si les sans domicile fixe d’un jour dormiront dans un refuge la première nuit, la seconde nuit, elle, se passera  dans un hôtel. « Ses abords regorgent de SDF qui errent et se mettent à chercher un abri autour de trois heures du matin » indique Mike Momany. « Les abris en question ne nous laisseraient pas entrer et ressortir à souhait comme c'est prévu dans mon programme. Si un de mes clients souhaitait quand même dormir dans la rue, je ferais en sorte de le satisfaire » ajoute-t-il.

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Une expérience qui dérange ?Si Mike assure que ce séjour dehors est sans dangers, il nie aussi faire la promotion d’un « tourisme de la pauvreté ». « Sur les 2 000 dollars, 500 n'arriveront jamais dans ma poche » indique-t-il. Une partie de l’argent récolté est reversé à des établissements qui prennent en charge les sans-abris à Seattle explique-t-il, le reste sert pour la nourriture, le logement, et la rémunération du guide donc. Une initiative originale, certes, mais qui fait tout de même débat.

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