D'après les enregistrements sonores de la boîte noire, il semblerait qu’un des deux pilotes serait resté bloqué à l’extérieur du cockpit à cause, notamment, de nouvelles mesures de sécurité mises en place depuis les attentats du 11 septembre.

D’après une source proche de l’enquête qui s'est confiée à l'AFP, il n’y aurait qu’un seul pilote dans le cockpit au moment du crash, l’autre se serait retrouvé coincé à l’extérieur et n’aurait pas pu y retourner avant la chute de l’appareil. C’est en tout cas ce que laisse suggérer les enregistrements sonores de la boîte noire.

Lire aussi -Révélation sur le crash de l’A320 : un des pilotes serait resté bloqué hors du cockpit

On y entend les pilotes discuter en allemand au début du vol puis la porte du cockpit s'ouvrir et se refermer. Par la suite, on entend quelqu'un taper à la porte puis le silence s'installe jusqu'au crash. Un enquêteur a confié au New York Times : "on peut entendre que le pilote à l'extérieur du cockpit essaie de défoncer la porte". Avant d’ajouter : "On ne sait pas encore pourquoi un des types est sorti. Mais ce qui est sûr, c'est qu'à la toute fin du vol, l'autre pilote est seul et il n'ouvre pas la porte". Comment le pilote s'est-il retrouvé en dehors du cockpit ? Pourquoi l'autre ne l'a-t-il pas laissé rentrer ?

"Il faut donc une action volontaire à l'intérieur du cockpit pour déverrouiller cette porte"

Le cockpit appelé également poste de pilotage se trouve à l’avant d’un avion. C’est là que se trouvent le commandant de bord et son copilote. Ils sont chargés de prendre toutes les décisions concernant le vol comme la vitesse ou l’altitude et sont en contact permanent avec la tour de contrôle. Toutefois, depuis les attentats du 11 septembre 2001, la sécurité du cockpit a été renforcée. La porte est blindée afin d’éviter toute intrusion, d'un terroriste ou d'une personne malade par exemple. Et désormais, pour qu’un membre d’équipage puisse pénétrer dans le poste de pilotage de l’avion, il doit demander l’autorisation aux pilotes en tapant un code. Les pilotes disposent d’un interphone et d’un digicode pour voir qui souhaite pénétrer dans le cockpit avant de le laisser entrer. "Il faut donc une action volontaire à l'intérieur du cockpit pour déverrouiller cette porte", a précisé Patrick Magisson, un pilote sur A320 et membre de la commission technique du Syndicat SNPL.

En cas d’absence de réponse de la part des pilotes, les membres d’équipage disposent d’un code d’urgence qui déclenche une alarme de 30 secondes dans le poste de pilotage. Au bout des 30 secondes, si les pilotes n’ont pas ouvert les portes, les membres d’équipage peuvent le faire grâce au code d’urgence, sauf si la porte a été verrouillée de l’intérieur manuellement. "Si la personne restant dans le cockpit refuse d'ouvrir (elle peut le faire s'il juge qu'il y a un problème d'intrusion potentielle),à ce moment-là la porte reste absolument verrouillée. Il n'y a aucune échappatoire", a affirmé le pilote. De plus, "la hache permettant de défoncer une vitre ou une porte se trouve à l’intérieur du poste", a  indiqué le consultant en aéronautique de BFMTV, Jean Serrat.

Publicité
Plusieurs hypothèses sont aujourd'hui envisagées: le pilote aux commandes aurait pu décider de se suicider, il aurait également pu provoqué le crash volontairement pour une raison encore inconnue. La thèse du malaise semble avoir été écartée, la porte ayant été fermée manuellement. Cependant, ces informations "n’ont pas encore été vérifiées ni confirmées par des sources officielles, tel que le BEA ou le juge en charge de l’enquête", a déploré à RTL Patrick Magisson.

Vidéo sur le même thème : Crash de l'A320 : le témoignage du premier journaliste sur les lieux du crash