Le quatrième album de la chanteuse et guitariste américaine, « Reputation », est une grosse production efficace mais sans émotion.

La réinvention, au début des années 2010, de l’étoile montante de la country américaine, Taylor Swift, en star de la dance pop internationale, a en grande partie été conçue dans le laboratoire suédois de Karl Martin Sandberg, alias Max Martin, et de son disciple, Karl Johan Schuster, dit ­Shell­back. Après avoir cosigné avec elle We Are Never Getting Back Together, son premier single n° 1 dans les classements américains, et l’essentiel de son quatrième album, Red (2012), le duo a récidivé avec le triomphe de 1989 (2014) et celui, immanquablement programmé, de Reputation. La production de ce nouvel opus est partagée avec le ­New-Yorkais Jack Antonoff, cocompositeur et réalisateur de six titres sur quinze.

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Le savoir-faire sonique de l’usine à tubes scandinave sert une fois de plus l’écriture autobiographique de la chanteuse-guitariste – focalisée ici sur son rapport à la célébrité, aux rumeurs colportées par les médias et les réseaux sociaux, et sur l’impact de ces derniers sur sa vie amoureuse – et sa voix claire et déliée. Héritier revendiqué du perfectionnisme pop de ses compatriotes d’ABBA, Max Martin (46 ans) a d’abord affûté son efficacité au service de l’eurodance locale (Ace of Base, Army of Lovers…) avant d’exporter, avec son complice Shellback (32 ans), sa science des hits au service de multiples boys bands (Backstreet Boys, NSYNC…) et aspirantes pop stars (Britney Spears, Pink, Katy Perry, Ariana Grande…).

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