La ministre de l’Ecologie s’est fait récemment remarquer pour avoir critiqué ses collègues de Bercy. Le président de la République et le Premier ministre l’ont depuis rappelée à l’ordre. Le point sur ce recadrage.

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Moins de deux mois après sa nomination au ministère de l’Ecologie, Ségolène Royal s’est fendue de déclarations offensives vis-à-vis du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, et du ministre des Finances, Michel Sapin. Cette dernière a en effet déclaré, lors d’une interview pour Paris Match, que General Electric proposait "le meilleur projet industriel" de reprise d’Alstom. Or Arnaud Montebourg soutient l’offre de reprise de Siemens. De même, elle s’est positionnée contre le retour d’une taxe sur les poids lourds qui est pourtant actuellement défendue par Michel Sapin.

L’ancienne-candidate à la présidence de la République a en outre montré du doigt une classe politique "majoritairement composée de machos sûrs de leur bon droit". Elle a aussi évoqué le "mépris" et la "la condescendance" de certains de ses collègues.

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Après avoir mené des charges contre ses comparses, la ministre est finalement revenue sur ses propos, affirmant qu’ils avaient été déformés, et qu'il règne une grande solidarité au sein du gouvernement. Néanmoins, Paris Match maintient ces propos Le Canard Enchaîné affirme même qu'en réalité ce volte-face est dû à un recadrage de Ségolène Royal par le Premier ministre et le président de la République. Tout les deux lui auraient demandé de tenir sa langue.

Ségolène Royal recadrée avant son rétropédalage

A la sortie du Conseil des ministres du 14 mai, Ségolène Royal à fortement nuancé ses propos, assurant qu’il règne une grande solidarité parmi les ministres. Elle a ensuite accusé l'hebdomadaire d’avoir sorti ses propos de son contexte : "ce n’était pas une interview, mais une conversation lors d’un déjeuner. Si on me l’avait demandé je n’aurais pas autorisé la publication de ces propos", rapporte le Canard Enchainé.

Selon le journal satirique, la ministre de l’Ecologie se serait en réalité fait recadrer par François Hollande après le Conseil des ministres, ce qui expliquerait ce changement de ton. Aux dires de l’hebdomadaire, le chef de l’Etat lui aurait notamment reproché sa déclaration "totalement décalée" sur General Electric. Elle lui aurait répondu : "ça met Siemens sous pression et ça permet de faire monter les enchères".

"Ségolène, c’est le problème de François, pas le mien"

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Le Premier ministre Manuel Valls y est allé lui aussi pour recadrer – de manière indirecte – l’ex-compagne de François Hollande. S’il ne l’a pas nommée directement, il a tout de même fait une mise au point générale lors de la réunion semi-hebdomadaire des ministres le 15 mai : "quand il y a eu des prises de position du Président ou du gouvernement, les ministres ne doivent pas s’exprimer de façon contraire. Il y a une ligne : on la suit ou on ne dit rien", a-t-il déclaré. "Les ministres n’ont pas à parler les uns des autres, à émettre des jugements les uns sur les autres…si ce n’est pour en dire du bien", a ensuite ajouté l’ancien ministre de l’Intérieur. Pour Manuel Valls, "Ségolène ne comprend pas bien la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui", rapporte le Canard Enchainé

Le Premier ministre aurait conclu, pragmatique, "Ségolène, c’est le problème de François, pas le mien".

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