Les avantages de Nicolas Sarkozy révélés le week-end dernier par Mediapart agitent la classe politique et le monde médiatique. Alors que tous les anciens présidents ont droit aux mêmes privilèges, pourquoi le cas de Nicolas Sarkozy fait tant de bruit ?

Après tout, Nicolas Sarkozy n’est pas le seul président à bénéficier des dispositions spéciales prévues pour les ex-chefs d’Etat. Avant lui, Jacques Chirac et Valéry Giscard-d ’Estaing ont eux aussi eu droit ces faveurs accordées par la République. Or, le détail des frais engagés par l’Etat en faveur de Nicolas Sarkozy n’ont pas manqué de créer la polémique. Alors, pourquoi ça coince ?

Nicolas Sarkozy n’est pas qu’un ancien président

Cela n’aura échappé à personne, depuis le mois de novembre Nicolas Sarkozy a signé son retour en politique en prenant les rênes de l’UMP. Or, c’est bien depuis son bureau de la rue Mirosmenil qu’il a établi son plan de reconquête, recevant à la chaîne les responsables de l’opposition pour dessiner les contours de sa stratégie de retour.

Dès lors, la question qui se pose est la suivante : est-ce normal que l’état-major d’un candidat politique soit financé par l’argent du contribuable ? En d’autres termes, l’État doit-il participer financièrement au projet de reconquête de Nicolas Sarkozy ? Évidemment, la réponse est non. Mais, du côté de l’ancien président, on explique que le président de l’UMP sépare ses activités d’ex-chef d’Etat (deux jours par semaine) et ses activités politiques (trois jours à l’UMP).

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En outre, sa directrice de communication précise que le nombre de collaborateurs de Nicolas Sarkozy a doublé "pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité" à ce sujet. La moitié de ces collaborateurs, ceux qui s’occupent dit-on des affaires concernant son statut d’ex-chef d’Etat, sont donc rémunérés par la République. Mais la frontière entre affaires privées et affaires publiques reste bien difficile à définir…

La demi-sœur de Carla Bruni Sarkozy payée par l’Etat pour organiser ses conférences à l’étranger ?

Les collaborateurs à la charge de l’Etat sont payés entre 5247 et 7020 euros net par mois nous apprend Mediapart. Parmi ces conseillers, Consuelo Remmert, demi-sœur de l’ex-première dame. On ne sait pas si sa rémunération est la plus élevée. Mais quoiqu’il en soit, en sa qualité de "conseillère diplomatique" c’est elle qui est chargée de "vendre les conférences du patron aux banquiers et dirigeants du monde" précise le site d’investigation.

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Auu regard de ce que lui rapportent ses conférences à l’étranger, le problème posé est le suivant : "est-il normal que le contribuable rémunère une personne chargée de s’assurer des intérêts privés de Nicolas Sarkozy ? Là encore, la réponse serait non. Or, pour l’instant, rien ne prouve que les dossiers diplomatiques traités par la demi-sœur de Carla Bruni-Sarkozy portent effectivement sur les activités lucratives de l’ex-chef d’Etat à l’étranger. Au-delà, c’est la liberté dans le recrutement de ces collaborateurs qui interroge. Embauchés "au  bon vouloir de Nicolas Sarkozy", ce sont ces conseillers spéciaux qui coûtent le plus cher à l’Etat (660.000 euros par an).

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Ce sont pour toutes ces raisons semant l’ambiguïté que quatre députés PS demandent à Nicolas Sarkozy de renoncer à ces avantages. D’autant que ses choix laissent perplexe dans une période de rigueur budgétaire. En effet, n’y-avait-il pas de bureaux moins onéreux qui celui qu’il occupe avec un loyer de 16 341 € par mois pour 320 m2 ? La question mérite en effet d’être posée.

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