Le président n’a pas attendu bien longtemps pour répondre aux attaques formulées dimanche par la maire de Lille à propos de sa politique économique. "Les réformes se poursuivront à un rythme encore accéléré", a-t-il assuré.

François Hollande ne s’est pas laissé faire. Attaqué sur sa politique économique dimanche par Martine Aubry, le président de la République a rapidement répliqué en réaffirmant la poursuite des réformes engagées jusqu’à la fin de son mandat. "Je demande qu'on réoriente la politique économique (...) (Il faut) emprunter le bon chemin dans les deux ans qui viennent" faute de quoi la gauche va "échouer", a estimé la maire de Lille au cours d’un entretien accordé au Journal du Dimanche. Se posant en chef de file des frondeurs, elle a même exprimé de vives critiques sur le fond de la politique menée par l’exécutif. "Regardons la vérité en face. La politique menée depuis deux ans, en France, comme presque partout ailleurs en Europe, s'est faite au détriment de la croissance", a-t-elle regretté ou encore : "Il n'y a pas d'un côté les sérieux et de l'autre les laxistes. Mais je demande une inflexion de la politique entre la réduction des déficits et la croissance".

Il s’agit "non pas de réformer pour réformer"Ce que, ni François Hollande ni Manuel Valls, n’ont laissé passer. Aussi, le locataire de l’Elysée a profité de son discours face à un parterre de patrons de grandes entreprises étrangères pour réponde indirectement à ces attaques. "Les réformes se poursuivront à un rythme encore accéléré jusqu'à la fin" du quinquennat, a-t-il d’abord assuré. Il s'agit "non pas de réformer pour réformer mais de réformer pour créer davantage de richesse, davantage d'activités, davantage d'emplois et aussi pour attirer davantage d'investisseurs et davantage d'entreprises", a-t-il aussi fait valoir.

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"J’ai les nerfs solides"

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De son côté, le Premier ministre a également fait passer un message plus ou moins explicite à Martine Aubry. "À gauche, nous avons toujours considéré la diversité comme une richesse. Nous la faisons vivre chaque jour, même chaque dimanche. Parfois un peu trop, mais il faut avoir les nerfs solides. Comptez sur moi pour avoir les nerfs solides", a-t-il lancé lors d’un discours devant le Parti radical de gauche. Lui aussi attaqué par la maire de Lille, Emmanuel Macron s’est déclaré "en désaccord avec (son) analyse". Ayant peu apprécié le réquisitoire de l’ex-première secrétaire du PS, le ministre de l’Economie a même estimé que "ce n’est pas avec des solutions classiques que nous pourrons réparer" la crise.

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