Nouvelle révélation dans l’affaire des emplois présumés fictifs visant le Front National : un assistant de Louis Aliot au Parlement européen a été rémunéré 31 000 euros entre juillet 2014 et février 2015 alors qu’il n’aurait fait qu’envoyer un message texte à son patron. 

L’Obs fait cette semaine de nouvelles révélations dans l’affaire des emplois présumés fictifs de certains assistants du parti au Parlement européen. Selon ses informations, Laurent Salles, qui a été assistant du vice-président du FN, Louis Aliot, au sein de l’institution européenne, serait également visé. Employé de juillet 2014 à février 2015, il aurait été rémunéré 2 000 euros nets par mois, soit 31 000 euros au total. Problème : pas ou très peu de documents peuvent attester de son travail effectif. Pour le moment, et toujours d’après l’hebdomadaire, le seul élément concret dont disposeraient les enquêteurs serait un sms.

L’Obs précise que ce message texte aurait été envoyé le 5 septembre 2014, soit deux mois après son embauche, à 14h38. Les enquêteurs n’ont cependant pas encore trouvé d’échange de mails ou de courriers entre les deux hommes qui pourraient attester du travail de Laurent Salles. Alors qu’aucun d'entre eux n’a pour le moment été entendu par les enquêteurs, Louis Aliot a précisé que son assistant était en charge de son agenda. Une information confirmée par son contrat de travail.

Faire des "économies importantes grâce au Parlement européen"

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Toutefois, d’autres éléments semblent laisser planer un doute concernant les missions de Laurent Sallès comme assistant parlementaire de Louis Aliot. Il y a notamment l’adresse de son lieu de travail qui se trouve au siège du FN en banlieue parisienne, alors que la circonscription de son patron se trouve dans le sud de la France, à Perpignan. Mais également, le fait que Laurent Sallès exerçait d’autres activités en parallèle de son travail au Parlement européen. Il était ainsi conseiller municipal de Suresnes (Hauts-de-Seine) et assistant de Yann Maréchal-Le Pen, la fille de Jean-Marie Le Pen et mère de Marion Maréchal-Le Pen à la délégation générale des grandes manifestations du parti, rappelle le magazine qui ajoute qu’avant et après la période couverte par son contrat au Parlement européen, il a par ailleurs été rémunéré par le Front national. Un point qui semble faire écho au document rédigé par le trésorier du FN en 2014 et qui a récemment été dévoilé. Dans ce texte adressé à Marine Le Pen, le trésorier du FN soulignait la nécessité de faire des "économies importantes grâce au Parlement européen".

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