Les chiffres du chômage pour le mois de mars ont enregistré une forte baisse (-1,7 %) du nombre de demandeurs d’emploi. Mais comment expliquer cette éclaircie ?

Mardi après-midi, les chiffres du chômage du mois de mars sont tombés. Et, contrairement à la longue litanie de mauvaises nouvelles des mois précédents, le mois de mars enregistre un recul de 1,7 %, soit 60 000 chômeurs en moins.

C’est la plus forte baisse du nombre de demandeurs d’emplois depuis le début du quinquennat de François Hollande et même depuis dix ans. A un an quasiment de la prochaine élection présidentielle, et à quelques mois d’une possible déclaration de candidature, cette bonne nouvelle tombe à point nommé. Mais la politique du président a-t-elle eu un impact dans ces résultats ?

La droite dénonce une baisse artificielle du chômage

Le ministre du Travail, Myriam El Khomri, a imputé ces bons résultats aux baisses de prélèvements du pacte de responsabilité et à l’aide à l’embauche pour les PME. Elle a aussi souligné l’importance de la reprise de l’activité économique.

Pourtant, la droite a dénoncé une manœuvre du gouvernement pour faire baisser artificiellement le chômage. "La vérité sur la forte baisse du chômage : des radiations et des stages", a tweeté le patron de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde.

Le député Les Républicains, Benoist Apparu, a déclaré sur I-Télé que "si tout le monde (les autres pays, ndlr) baisse et que nous on baisse moins vite, malheureusement, ça veut dire que notre politique économique n’est pas la bonne." Côté Front national, le vice-président Florian Philippot a tweeté : "Radiations en forte hausse, formations au rabais : Hollande veut se représenter et pour cela n’hésite pas à tordre les chiffres du chômage."

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Comme l’a souligné Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT, "la reprise est fragile et concerne les contrats à durée limitée". De fait, comme il est habituellement le cas en période de reprise économique, les chômeurs de catégorie A (sans emploi) retrouvent un temps partiel, de l’intérim voire un CDD, et rejoignent donc les catégories B et C. Or, les 3,5 millions de chômeurs habituellement énoncés, sont seulement ceux de la catégorie A.

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D’après Yannick L’Horty, professeur à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, interrogé par Le Monde, "le pacte de responsabilité a pu jouer un rôle en abaissant les prélèvements pensant sur les entreprises, mais la reprise de la croissance doit aussi être mise en avant, tout comme les mesures de court terme mises en place par le gouvernement (contrats aidés, coup de pouce financier pour les employeurs qui embauchent...)"

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