L'épouse de François Fillon est convoquée mardi en vue de sa mise en examen dans l'affaire de ses emplois présumés fictifs. Le "JDD" a révélé sa défense lors de sa confrontation avec les juges.

Alors que Penelope Fillon est convoquée mardi en vue de sa mise en examen par les juges d'instruction, le JDD a dévoilé dimanche son système de défense exposé devant les enquêteurs lors de sa première audition, le 30 janvier. 

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S'agissant de son emploi d'attachée parlementaire - pour lequel elle était rémunérée 3 340 euros net par mois - Penelope Fillon a détaillé ses tâches : "Je m'occupais du courrier arrivant à notre domicile, demandes d'administrés, problèmes personnels de gens en difficulté, sollicitations diverses." Elle rédigeait aussi "des fiches et des mémos" pour son époux, concernant des manifestations locales. Elle explique aussi qu’elle le remplaçait parfois, "notamment dans les événements culturels qui l’intéressaient moins". Ce travail, elle l’effectuait "dans le manoir de Beaucé", dans la Sarthe, écrit le JDD, "sans jamais se rendre à l’Assemblée nationale". Penelope Fillon a expliqué que cela tenait à son "souhait de rester dans l’ombre", "pour des raisons de caractère".

"J’organisais mon temps de travail comme je le voulais"

Concernant son travail littéraire, Penelope Fillon a déclaré sur une fiche de renseignement "14 heures de travail mensuel à la Revue des deux Mondes, dont elle était pourtant employée à temps plein", rapporte le JDD. Mais dans une autre fiche, découverte lors d’une deuxième perquisition dans le bureau de François Fillon, "les enquêteurs ont découvert un brouillon de cette fiche de renseignement dans lequel était inscrit cette fois “30 heures”".

Entre le 1er juillet 2012 et le 30 novembre 2013, l'épouse de François Fillon semble très occupée. Salariée de la Revue des deux Mondes à temps plein pour 3 900 euros net mensuels, elle reprend des études de littérature anglaise via l’"Open University", explique Le JDD, et travaille également auprès de son époux, alors député de Paris.

Les enquêteurs lui ont alors demandé comment elle faisait pour conjuguer sur la même période les emplois, tous les deux à plein temps. "J’organisais mon temps de travail comme je le voulais, et il n’y avait pas vraiment de week-end ni de repos hebdomadaire", leur a-t-elle déclaré.

Elle estime que son salaire a été "généreux"

Concernant son salaire, elle assure ne pas avoir eu "de prétentions salariales" et n’avoir jamais abordé la question avec Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire du titre et ami de François Fillon. Lorsqu’elle a appris le montant de sa rémunération, elle a toutefois "pensé que c’était généreux", dit-elle. Elle explique aussi que son travail de conseiller littéraire consistait à délivrer des conseils "oraux uniquement dispensés à M. Ladreit de Lacharrière". "Quatre ou cinq fois", précise-t-elle. Mais lorsque les enquêteurs lui demandent de décrire les locaux de La revue des deux Mondes, l'épouse Fillon en est incapable : "Je n'y suis jamais allée". Et quand on lui demande comment elle a pu mener à bien sa mission de réflexion stratégique sans jamais aller sur place, elle répond : "J’ai été déçue de ne pas être plus sollicitée".

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En novembre 2013, Penelope Fillon démissionnera de la revue après avoir rédigé, dit-elle, plusieurs notes de lecture qui n’ont jamais été publiées. Au même moment, elle quitte sa fonction d’assistante parlementaire auprès de François Fillon qui s'engage pour la présidentielle.

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