Le président "normal" subit les remous de la crise et l'impatience des Français. En baisse dans les sondages, François Hollande entame désormais un changement de style.

Une crise économique qui s'agrave, avec le cap franchit des 3 millions de chômeurs, liée à une côte de popularité en forte baisse, voici ce à quoi doit faire François Hollande en cette rentrée. Dans un contexte de pessimisme ambiant - le moral des Français est au plus bas pour une période d'après-élection présidentielle – le chef de l'Etat procède déjà à quelques mutations politiques. 

Un message plus grave

Terme évité jusqu'alors, "la crise" est désormais frontalement évoquée par François Hollande, alors que ce dernier reprochait notamment à Nicolas Sarkozy de s'en servir pour fuir ses responsabilités. Vendredi dernier, à Châlons-en-Champagne, François Hollande emploie une tonalité nouvelle et plus grave que jusqu'à présent dans son discours : "Nous sommes devant une crise d'une gravité exceptionnelle, une crise longue qui dure depuis maintenant plus de quatre ans." François Hollande admet au passage qu'il "faudra du temps" pour relancer la croissance. Un message qui va donc à l'encontre du slogan utilisé dans la campagne présidentielle : "le changement c'est maintenant"

 

Un ton plus ferme

Ces derniers jours ont été marqués par quelques chamailleries entre ministres au sein du gouvernement. Notamment sur des sujets tels que le démantèlement des camps de Roms ou le financement de la BPI. A côté de quoi des critiques se sont faites entendre dans la presse à l'encontre de Jean-Marc Ayrault, jugé parfois trop laxiste ou discret par son propre entourage.

Le Premier ministre s'en est défendu ce dimanche sur France inter, en tapant du poing sur la table. "Ça suffit, ça vaut pour tout le monde. (...) Il y a une règle qui a été fixée dès le départ, pour tous les membres du gouvernement, c'est que la discussion a lieu au sein du Conseil des ministres (...) Si ça devait continuer, chacun devra prendre ses responsabilités. C'est clair, c'est net."

Au-delà de la mise en garde sur les querelles de ministres, le gouvernement a donc durci le ton de sa communication. Et s'emploie désormais à moins tergiverser sur les sujets polémiques, comme le démantèlement des camps de Roms, qui semblent être à présent assumés.

Un agenda chamboulé

En campagne, Hollande suivait son agenda à la lettre, qu'importe ce qu'il en était à côté. Le président déroge à présent à cette règle qu'il semblait s'être fixée. Première modification - de taille - la session parlementaire extraordinaire, prévue le 24 septembre, a été avancée au 10 septembre. Preuve que le temps presse et que les Français s'impatientent, comme n'ont pas manqué de le souligner les Unes des magazines Marianne et Le point.

Autre changement d'agenda, le grand discours de rentrée de Châlons-en-Champagne, vendredi 31 août. Selon Libération, la décision de changer la teneur de cette intervention ne s'est faite que mardi. 

Enfin, l'exécutif a convoqué une réunion interministérielle le 6 septembre pour évoquer l'insécurité à Marseille. Conférant ainsi, de nouveau, un état d'urgence à la situation.

Plus de visibilité

Le temps de l'antisarkozysme, où mieux valait privilégier la discrétion à l'exposition médiatique, toucherait-il à sa fin ? "Puisqu'on veut voir davantage le Premier ministre, on va le voir davantage", a prévenu Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux Affaires européennes, sur Europe 1 dimanche.

François Hollande sera lui l'invité du journal de 20 heures de TF1 le dimanche 9 septembre pour sa première interview télévisée de la rentrée. Le Chef de l'Etat  semble revenir à la rencontre des Français qu'il avait quelque peu délaissé entre vacances d'été et rendez-vous internationaux…

Lundi matin, Hollande était à Trappes pour la rentrée scolaire. Vendredi, il s'exprimera sur l'état des finances publiques devant la Cour des comptes… avant la grande conférence de presse prévue fin septembre.

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Le chef de l'Etat, assez discret dans les médias jusqu'à présent, pourrait donc revenir sur le devant de la scène en s'attelant davantage aux questions de société et au quotidien des Français. Une posture qui se voudrait sans doute plus rassurante face aux doutes grandissants de la population sur la situation économique et politique du pays.

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