"Votre colis est retenu" : l'arnaque par SMS qui piège en masse les acheteurs Shein et Temu

Publié par Matthieu Chauvin
le 14/09/2026
Arnaque par SMS
Istock
Vous venez de finaliser un panier à prix cassé sur Shein ou Temu et un SMS vous réclame soudain quelques euros de dédouanement pour libérer votre paquet ? Cette arnaque par smishing cible massivement les acheteurs en ligne pour dérober leurs identifiants bancaires.

Recevoir une alerte sur son téléphone portable après une séance d'achats en ligne n'a rien d'inhabituel. Pourtant, ce simple bip dissimule parfois un piège redoutable pour vos économies. En France, l'hameçonnage représente près de 33 % des demandes d'assistance recensées par la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr, ce qui en fait la menace numérique la plus répandue chez les particuliers. Les cybercriminels profitent de l'explosion des commandes de petits colis internationaux pour multiplier les envois de faux messages.

Comprendre le piège du SMS opportuniste qui vise les acheteurs

Le succès de cette arnaque repose d'abord sur un redoutable hasard du calendrier. Les fraudeurs diffusent des vagues massives de messages automatisés. En tombant sur un internaute qui attend réellement une commande, le piège se referme instantanément : la victime croit à un problème légitime de livraison.

Pour endormir votre vigilance, les pirates misent sur la psychologie du faible montant. La notification réclame une somme minime, généralement comprise entre 1,50 euro et 3 euros, présentée comme une taxe douanière ou des frais de réexpédition. Une dépense si modique ne suscite que peu de méfiance.

Comme le rappelle le dispositif national : "L'hameçonnage à la livraison de colis : l'accroche est systématiquement un supposé problème de livraison et la victime est invitée à choisir un réacheminement qui nécessiterait le paiement d'une somme de l'ordre de 1 à 2 euros."

Pour précipiter votre décision, le texte agite la menace d'un abandon ou d'un renvoi à l'expéditeur sous 24 à 48 heures, vous poussant à cliquer sans réfléchir.

Déjouer les ressorts techniques de la fausse douane

Pour tromper le destinataire, l'escroquerie imite avec soin les chartes visuelles de la Direction générale des douanes ou de transporteurs réputés comme Mondial Relay et Colissimo. Logos officiels, typographies soignées et mentions légales factices habillent le faux site web lié au message.

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La cible finale ne réside pas dans le prélèvement des deux euros réclamés au départ. Le lien redirige vers une plateforme clonée dans le but d'enregistrer la saisie intégrale du numéro de carte bancaire, de la date de validité et du cryptogramme visuel afin de piller ensuite votre compte.

Pourtant, la réglementation européenne rend cette situation impossible. Dans le cadre du guichet unique à l'importation (IOSS), la TVA et les taxes sur les commandes de moins de 150 euros passées sur Shein ou Temu sont réglées directement au moment de l'achat.

L'administration fiscale est catégorique sur ce point : "La douane ne vous contactera jamais par SMS, courriel ou téléphone pour demander le règlement d'un droit de douane ou vous proposer de débloquer n'importe quelle marchandise ou bagage contre paiement."

Repérer les indices suspects et réagir immédiatement

Plusieurs anomalies techniques trahissent ces tentatives de smishing. Un SMS émis depuis un simple numéro de portable commençant par 06 ou 07, l'absence d'un numéro de suivi conforme ou la présence d'un lien raccourci non officiel constituent des signaux d'alerte immédiats.

Adoptez un protocole strict : ne cliquez sur aucun lien reçu par messagerie instantanée. Suivez l'acheminement de vos paquets exclusivement en ouvrant votre application mobile Shein ou Temu, ou via votre compte client sur leur site sécurisé.

Si vous recevez ce message, transférez-le au 33700, la plateforme officielle de signalement des spams. En cas de transmission involontaire de vos identifiants bancaires, contactez sans attendre votre établissement financier pour faire immédiatement opposition à votre carte bancaire et déposez un dossier sur Cybermalveillance.gouv.fr ou sur la plateforme de plainte en ligne THÉSÉE.

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