Surtourisme : visiter cette ville romantique va coûter au moins 30 euros dès 2027
Face à la pression touristique permanente sur la lagune, les autorités locales durcissent le ton. L'expérimentation du billet payant entre dans une phase bien plus dissuasive, ciblant le portefeuille des excursionnistes temporaires pour tenter de préserver l'équilibre de la cité des Doges.
Un droit d'accès qui pourrait grimper jusqu'à 30 euros d'ici 2027
Les élus vénitiens souhaitent frapper fort. Selon le quotidien italien Il Gazzettino cité par Capital, la municipalité examine une refonte majeure de son "contributo di accesso", qui porterait le ticket standard à 30 euros, voire jusqu'à 50 euros lors des pics d'affluence exceptionnels. Ce projet tarifaire reste soumis à une concertation étroite avec le gouvernement italien avant son éventuelle entrée en vigueur en 2027.
Cette réflexion découle d'un constat d'échec sur le plan de la régulation. Le montant actuel de 5 euros, doublé à 10 euros en cas d'achat tardif, s'est révélé trop modeste pour endiguer les marées humaines. Si le dispositif a rapporté plus de 5,2 millions d'euros grâce à près de 680 000 billets émis sur 60 jours taxés entre avril et juillet 2026, la fréquentation n'a pas faibli.
Comme l'a expliqué Michele Zuin, conseiller municipal au budget et à la fiscalité de la commune, "Le tarif actuel de 5 à 10 euros est abordable pour pratiquement tout le monde ; le risque est qu'il n'ait plus l'effet dissuasif que cette mesure est censée avoir." L'exécutif municipal envisage d'ailleurs d'élargir le calendrier d'application bien au-delà de cette fenêtre de soixante jours afin de couvrir de larges périodes de la saison touristique.
Un arsenal anti-surtourisme renforcé pour sauver la Sérénissime
La mesure répond à une urgence patrimoniale et démographique sans précédent. Le cœur historique compte désormais moins de 49 000 résidents permanents, submergés chaque année par une marée de 20 à 30 millions de touristes. L'entretien de ce musée à ciel ouvert génère des dépenses colossales supportées par une base fiscale locale réduite. Simone Venturini, maire de Venise, a rappelé la donne financière auprès du journal The Independent : "Nous dépensons 100 millions d'euros par an rien que pour entretenir matériellement Venise, et personne ne nous donne cet argent. Ni l'Europe, ni l'État italien."
Cette majoration s'inscrit dans la continuité de mesures déjà actives. La cité limite désormais les groupes guidés à 25 personnes, prohibe l'usage des mégaphones dans ses ruelles et bloque l'entrée des paquebots de croisière géants dans le centre lagunaire.
Les conséquences pratiques pour les voyageurs
Cette hausse tarifaire concerne une catégorie bien spécifique de visiteurs. La taxe s'applique exclusivement aux excursionnistes d'un jour âgés de 14 ans et plus accédant au centre historique entre 8 h 30 et 16 h 00. Les voyageurs qui dorment sur place ne paieront pas cette somme. Les réservations en hôtel ou en meublé de tourisme sont déjà assujetties à la taxe de séjour classique, ce qui exempte leurs bénéficiaires du ticket d'entrée. Ces derniers doivent néanmoins s'enregistrer sur la plateforme officielle municipale cda.ve.it pour récupérer leur QR code obligatoire.
Pour limiter l'impact sur leur budget, les visiteurs devront anticiper leur venue. La réservation préalable permettra d'éviter les surtaxes de dernière minute. Programmer son séjour en basse saison ou sur les journées non soumises au péage urbain restera la meilleure alternative pour découvrir la ville sans surcoût.
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