Stylo 4 couleurs : mais à quoi sert la petite petite boule à son extrémité, présente depuis 56 ans ?
Commercialisé en 1970 par le baron Marcel Bich, ce stylo emblématique traverse les décennies sans jamais quitter les trousses des Français. Si son mécanisme à poussoirs reste familier pour des millions d'utilisateurs, l'extrémité supérieure de l'objet conserve une histoire méconnue. Plusieurs décennies après sa conception, les secrets de fabrication de cette icône du design quotidien refont surface pour rappeler son utilité première grâce à TF1 qui nous offre ce petit moment de nostalgie..
Une astuce ergonomique conçue pour les téléphones à cadran
Des générations d'élèves ont manipulé et mâchouillé ce petit dôme sans soupçonner son utilité pratique d'autrefois. Lors du lancement du modèle dans les années 1970, les foyers et les entreprises utilisaient massivement des téléphones à cadran rotatif. Pour composer un numéro, l'usager devait insérer son doigt dans chaque perforation et faire tourner la roue métallique jusqu'à la butée, une manipulation répétitive qui finissait par fatiguer les doigts et tacher la peau d'encre fraîche.
L'embout arrondi a été spécialement dessiné pour remédier à ce désagrément mécanique. Selon les archives documentées par la marque Bic, "À l'origine, la bille supérieure du stylo BIC 4 Couleurs® était utilisée pour actionner les téléphones à cadran." L'utilisateur insérait directement l'extrémité du stylo dans le trou correspondant pour lancer la rotation sans aucun effort.
Cette sphère blanche ne se limitait pas à cette fonction d'assistance téléphonique. Elle constituait également un clin d'œil stylistique délibéré à la tête ronde du "bonhomme Bic", la célèbre mascotte imaginée par le dessinateur Raymond Savignac dès 1961.
La métamorphose de l'embout sous la contrainte des normes de sécurité
Le remplacement progressif des cadrans rotatifs par des touches numériques a rendu cet usage caduc à la fin du siècle dernier. Pourtant, le sommet de l'accessoire n'a pas disparu : il a simplement changé de structure au cours des années 1990 en adoptant une perforation centrale, rappelle TF1.
Cette modification répond à un impératif de protection des plus jeunes. Conformément aux normes internationales de sécurité appliquées aux fournitures scolaires, l'orifice laisse passer l'air en continu afin de limiter les risques d'asphyxie en cas d'inhalation ou d'ingestion accidentelle.
Ce percement technique a favorisé l'apparition d'un nouvel usage particulièrement répandu chez les professionnels de terrain. De nombreux infirmiers, médecins et logisticiens profitent désormais de cet anneau pour y glisser un cordon ou un tour de cou, ce qui leur permet de conserver leur stylo en permanence à portée de main lors de leurs tournées.
Un modèle rechargeable toujours fabriqué en France
Cinquante-quatre ans après son invention, l'accessoire conserve une chaîne de production entièrement locale. L'usine Bic de Montévrain, implantée en Seine-et-Marne, produit chaque semaine un million d'exemplaires pour répondre à la demande mondiale. L'ensemble offre une autonomie remarquable avec 8 kilomètres d'écriture cumulés, soit environ deux kilomètres d'encre par cartouche.
Face aux enjeux environnementaux, ce classique des trousses s'inscrit pleinement dans une démarche anti-gaspillage. Le fabricant rappelle qu'il est inutile de jeter l'objet lorsque l'encre s'épuise. L'utilisateur peut dévisser facilement le corps bicolore pour remplacer uniquement la cartouche vide par une recharge neuve vendue séparément. Grâce à cette conception durable et robuste, le modèle traverse les époques sans perdre son statut d'objet culte auprès des adultes comme des enfants.
Voir les commentaires