Vols de porcelaine à l’Élysée : le préjudice estimé à 370 000 euros, trois prévenus jugés
Une histoire de vols au cœur du palais présidentiel. Ce jeudi 26 février, un argentier de la présidence de la République, son conjoint et un gardien du Louvre sont jugés par le tribunal correctionnel de Paris. Il leur est reproché d’avoir volé et recelé des dizaines de pièces de porcelaine dérobées à l’Élysée.
Des pièces utilisées lors de dîners d’État
La disparition inexpliquée de vaisselle prestigieuse attire rapidement l’attention des enquêteurs, qui se concentrent ensuite sur un réseau de revente. Thomas M., un argentier de la présidence, qui était autorisé à récupérer quelques objets détériorés aurait pris possession de pièces en parfait état, conçues par la Manufacture de Sèvres. Cette dernière est une prestigieuse manufacture fondée sous le règne de Louis XV, réputée pour la qualité de son savoir-faire artisanal.
L’acolyte de Thomas M., avait lui pour mission de vendre ces pièces utilisées à l’occasion des dîners d’État. La prise de contact avec l’acheteur a été initiée sur les réseaux sociaux. L’avocat du receleur suspecté Ghislain M., Me Xavier Autain s’est exprimé sur le mode opératoire auprès de nos confrères de l’AFP. « Sur Facebook, il existe des tas de groupes et notamment un groupe d'amateurs de porcelaine », a-t-il précisé. Des échanges directement menés sur la plateforme Facebook. « Dans ce groupe d'amateurs de porcelaine, un jour, le conjoint de l'argentier le contacte en lui disant +vous êtes machin, moi j'ai telle pièce+ », raconte l'avocat.
Un préjudice estimé à 370 000 euros
L’un des accusés Ghislain M. est chargé de l’accueil au musée du Louvre. Décrit comme un passionné, il a fait l’acquisition de « près de 150 pièces », sans se soucier de la quantité. Pour Me Autain, son client « est un collectionneur passionné et le collectionneur passionné n'a parfois pas la raison qui devrait continuer à l'habiter ». Dans le cadre de ce dossier, Me Autain envisage d’invoquer l’argument de « l’aveuglement » de ce collectionneur « primo-délinquant », qui a déboursé « 15 000 euros en deux ans » pour l’achat de pièces émanant de l’Élysée.
La Manufacture de Sèvres s’est portée partie civile dans cette affaire. Elle estime le préjudice à « 370 000 euros » valorisant « chaque assiette à environ 5.000 euros », selon l'avocat qui remet en question cette méthode : « la Manufacture de Sèvres, fait l'expertise pour elle-même, puisqu'elle est partie civile et experte, ce qui est assez surprenant, dit que c'est 370.000 euros…», indique-t-il. Il a en outre rappelé que des objets usagés se négocient « entre 50 et 1500 euros » aux enchères.
Les trois prévenus ayant restitué les pièces expriment aujourd’hui des regrets. « Même ceux qui ont volé reconnaissent que c'est une connerie et qu'ils n'auraient pas dû faire ça », confie Me Autain. Selon légifrance.gouv.fr, le recel de vol est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 375 000 d’amende. Le recel de vol aggravé est quant à lui puni de 10 ans de prison et de 750 000 euros d’amende selon service-public.gouv.fr.