Cette entreprise vous propose de parler à Jésus pour moins de 2 euros, et c'est légal !

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/04/2026
Jésus-Christ
Istock
Depuis le 14 avril 2026, la start-up américaine "Just Like Me" propose d'échanger en appel vidéo avec Jésus-Christ lui-même ! Vous l'aurez deviné, la technologie aide à cette mise en scène pour croyants qui le sont un peu trop... Mais c'est parfaitement légal.

Cette nouvelle offre insolite croise la pointe de la technologie avec le besoin intime de spiritualité. Elle bouleverse les codes traditionnels de la croyance en instaurant un dialogue direct, mais artificiel, avec le divin. Cette tendance touche d'ailleurs plusieurs confessions, puisque le Journal de Montréal rapporte l'émergence d'applications équivalentes telles que l'IA Buddha ou l'assistant islamique Deen Buddy.

Un événement technologique qui tarifie la prière en vidéo

L'univers des applications spirituelles vient de franchir un seuil inattendu, rapporte Le Parisien d'après les informations d'Associated Press. Depuis le 14 avril 2026, les croyants disposent d'une plateforme d'appels vidéo pour discuter avec un avatar animé de Jésus-Christ. Le projet est porté par la start-up californienne "Just Like Me". 

Son fondateur, Chris Breed, destinait d'abord cet outil au vaste public chrétien évangéliste américain, réputé pour sa quête d'interactions directes avec le sacré. Ce lien privilégié exige toutefois de sortir la carte bancaire. La conversation est facturée 1,99 dollar la minute, soit environ 1,85 euro. Afin de fidéliser sa clientèle, l'entreprise propose également une formule par abonnement mensuel à 49,99 dollars (42,50 euros), permettant d'échanger pendant 45 minutes avec la machine.

Les rouages algorithmiques d'une incarnation familière

La conception de cette intelligence artificielle spirituelle (via Grok, l'IA d'Elon Musk...) ne laisse rien au hasard. Les développeurs ont nourri le modèle de langage exclusivement avec les textes de la Bible du roi Jacques (la célèbre King James Version). Ce choix technique garantit un vocabulaire ecclésiastique rigoureux. Pour instaurer un climat de confiance visuelle, l'avatar reprend l'apparence de Jonathan Roumie. Cet acteur est mondialement connu auprès des croyants pour son rôle de Jésus dans la série à succès The Chosen

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L'expérience utilisateur se veut immersive. Comme le précise Le Parisien, le système "se souvient des conversations précédentes." Il retient les prénoms et les tracas passés pour adapter ses réponses, même si la synchronisation labiale générée par les outils graphiques nécessite des ajustements. L'algorithme ne débite pas de simples citations bibliques : il formule des prières personnalisées et instaure un semblant de présence réconfortante.

Monétisation du sacré et vertiges éthiques

Cette substitution du prêtre par l'intelligence artificielle pose de sérieuses limites morales (et légales ?). Le passage d'un culte communautaire fondé sur la gratuité à une interface facturée à la minute soulève des inquiétudes face à l'exploitation de la fragilité psychologique. Chris Breed assume cette réalité et confirme la puissance émotionnelle du dispositif. Le dirigeant confie dans les colonnes du Parisien que l'utilisateur "se sent un peu redevable" et que "l'on s'y attache" inévitablement. Les théologiens et les experts numériques alertent sur les dérives potentielles de cette béquille émotionnelle. 

Si la démarche facilite l'exploration des textes, elle fait peser le risque d'une dangereuse simplification dogmatique, où la réflexion spirituelle cède sa place au prêt-à-penser algorithmique. De nombreuses incertitudes demeurent : le secret de la confession est-il assuré quant à l'usage des données personnelles recueillies ? L'algorithme est-il à l'abri d'erreurs d'interprétation biblique ? Les instances ecclésiastiques scrutent avec méfiance cette concurrence virtuelle qui menace d'isoler davantage les fidèles vulnérables de la véritable vie paroissiale.

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