Seniors et frais de santé : leur reste à charge explose même avec une mutuelle, comment le réduire ?
Se soigner coûte nettement plus cher en avançant dans l'âge, même pour les Français couverts par une complémentaire santé. Publiée par le service statistique des ministères sociaux, une étude met en lumière la fragilité financière des plus âgés face aux dépenses médicales non remboursées. Les disparités avec les jeunes générations atteignent des sommets rapporte MoneyVox.
La Drees dévoile un reste à charge moyen qui s'envole avec l'âge
Le rapport publié le 5 novembre 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) détaille la réalité des frais non remboursés. Les dépenses annuelles totales de santé atteignent 3 154 euros par habitant en moyenne, laissant 612 euros à payer avant l'intervention des mutuelles. Pour les assurés disposant d'une complémentaire, la somme résiduelle s'établit à 146 euros par an.
Ce chiffre masque un grand écart générationnel. Le reste à charge moyen descend à 80 euros chez les 20-39 ans, mais grimpe à 290 euros chez les personnes âgées de 70 ans et plus.
La situation s'aggrave pour les malades chroniques. Pour les personnes prises en charge dans le cadre d'une affection de longue durée (ALD), le montant résiduel s'élève à 240 euros en moyenne, et atteint même 870 euros pour les 20 % d'entre elles les plus lourdement touchées. L'organisme ministériel rappelle d'ailleurs qu'"un reste à charge élevé peut survenir en cas d'hospitalisations répétées ou prolongées."
La liberté tarifaire et la fin de la mutuelle d'entreprise alourdissent la facture
Plusieurs causes expliquent ce dérapage budgétaire chez les aînés. Sur les dépenses laissées à la charge des assurés, 120 euros proviennent chaque année des dépassements d'honoraires médicaux et des suppléments tarifaires appliqués sur les actes ou équipements en dentaire, optique et audiologie.
Le départ à la retraite agit comme un déclencheur. En quittant l'entreprise, le nouveau retraité perd le bénéfice de son contrat collectif dont les cotisations étaient prises en charge à 50 % par l'employeur. Il doit souscrire un contrat individuel. Or, les patients de 70 ans ou plus "sont généralement couverts par des contrats de complémentaire santé individuels, moins protecteurs que les contrats collectifs", rapporte la Drees.
Les ménages subissent alors une double peine financière. En plus des soins non remboursés, les cotisations mensuelles augmentent fortement avec l'âge : elles représentent jusqu'à 7 % du revenu des ménages âgés les plus modestes.
Des leviers existent pour réduire ses dépenses de santé après 70 ans
Pour alléger cette charge financière, plusieurs réflexes s'imposent. Les retraités aux revenus modestes ont intérêt à vérifier leur éligibilité à la Complémentaire santé solidaire (C2S). Cette couverture supprime l'ensemble des dépassements d'honoraires des médecins et efface les franchises médicales.
Le recours au dispositif "100 % Santé" offre également une protection efficace. Il permet de s'équiper de lunettes de vue, de prothèses dentaires et d'aides auditives de qualité sans débourser un centime de sa poche.
Enfin, faire jouer la concurrence permet de réajuster son budget. Grâce à la résiliation infra-annuelle, chaque assuré peut changer de mutuelle à tout moment après un an de souscription, afin d'adapter ses garanties à ses besoins réels et d'éliminer les garanties superflues.
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