Ces médicaments prescrits pour le cœur ne seront bientôt plus remboursés : 100 000 patients concernés !
Cette décision marque un tournant dans la prise en charge des troubles du rythme cardiaque. Alors que ces molécules font partie du quotidien de nombreux patients depuis des décennies, les autorités sanitaires pointent aujourd'hui des bénéfices incertains face à des risques avérés. Voici ce qui va changer pour votre suivi médical.
Santé cardiaque : des molécules historiques sur la sellette
La mesure cible spécifiquement les antiarythmiques de classe IA, IC et III, prescrits pour réguler les palpitations et les tachycardies. Selon le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS), il s'agit de médicaments "anciens", tous présents sur le marché depuis plus de 25 ans. Plusieurs traitements perdent leur remboursement total : c'est le cas du Sotalex (sotalol), du Rythmodan et de l'Isorythm (disopyramide), ainsi que de l'Exacor (cibenzoline).
D'autres molécules voient leur usage sévèrement restreint. La Flecaïne (flécaïnide) et le Rythmol (propafénone) ne seront plus remboursés que pour des indications très précises, excluant les patients atteints de maladies cardiaques structurelles. Quant au Serecor (hydroquinidine), son utilisation est désormais limitée au syndrome de Brugada, une maladie génétique rare.
Un service médical rendu insuffisant pour la HAS
La décision des autorités repose sur l'avis du Comité de transparence de la HAS, qui a jugé le Service médical rendu (SMR) "insuffisant" pour ces spécialités. Le sotalol est particulièrement visé : une méta-analyse a mis en évidence un surrisque de mortalité, sans pour autant démontrer de bénéfice sur la survie des patients.
Concernant les médicaments de classe IA, l'instance souligne leur faible efficacité et rappelle qu'ils ont disparu des recommandations européennes récentes. Plus inquiétant, ces produits sont associés à des effets "pro-arythmiques", signifiant qu'ils peuvent paradoxalement aggraver les troubles cardiaques qu'ils sont censés soigner.
Un impact majeur pour 100 000 patients
L'ampleur de cette réforme est conséquente. "Certains vont passer à 0 et d'autres vont rester remboursés mais avec une restriction par rapport à leur autorisation de mise sur le marché", explique le Dr Vincent Pradeau, président du Syndicat national des cardiologues interrogé par L’Internaute.
Environ 100 000 patients seraient directement concernés, explique de son côté le Dr Marc Villaceque, ancien président du Conseil national professionnel de la cardiologie qui ajoute dans un post Instagram que suite à ce déremboursement, il va falloir réévaluer les patients, modifier des traitements et surtout trouver “des équilibres parfois fragiles à reconstruire”. Les professionnels de santé redoutent ainsi un important "flux de consultations" généré par l'inquiétude des malades face à l'arrêt de leur prise en charge.
Si le décret officiel n'est pas encore publié, le déremboursement est annoncé pour les prochaines semaines. Actuellement pris en charge entre 30 % et 65 %, ces médicaments pourraient voir leur remboursement chuter à 0 %, représentant un coût supplémentaire significatif pour les usagers si le traitement est maintenu.
Quelles alternatives pour les malades ?
Les spécialistes se disent "un peu démunis" car il existe "très peu d'alternatives" thérapeutiques. L'amiodarone (Cordarone) reste la seule molécule remboursée avec un service médical rendu (SMR) important, mais elle n'est pas sans risques : elle peut provoquer des effets secondaires neurologiques ou pulmonaires notables.
Une chose est sûre : les patients concernés devront impérativement revoir leur cardiologue pour réévaluer la nécessité du traitement. Dans certains cas, le médicament pourra être maintenu à la charge du patient faute d'option de remplacement. La HAS insiste sur le fait que la prescription initiale doit rester du ressort exclusif du spécialiste pour évaluer précisément la balance bénéfice-risque.