Salons du chiot : la Fondation 30 Millions d’amis exige leur interdiction définitive

Publié par Matthieu Chauvin
le 18/09/2026
Chiots en cage
Istock
La Fondation 30 Millions d'Amis réclame l'interdiction définitive des salons du chiot après une enquête filmée en caméra cachée révélant de graves manquements au bien-être animal.

Une nouvelle offensive associative cible directement le commerce itinérant des animaux de compagnie en France. En diffusant les images d'une vaste investigation de terrain, l'organisation de protection animale espère pousser l'exécutif à trancher définitivement face à des événements jugés incompatibles avec la protection des bêtes.

Les révélations d'une enquête en immersion et l'offensive de 30 Millions d'Amis

Entre mai et août 2026 nous apprend Le Parisien, des équipes ont infiltré plusieurs manfestations, notamment à Valenciennes, Fontainebleau et Aix-en-Provence. Muni de caméras discrètes, le personnel de la Fondation 30 Millions d'Amis a documenté les coulisses de ces foires itinérantes. Le constat dressé par l'association dénonce l'exposition de jeunes animaux à peine sevrés et particulièrement vulnérables aux infections.

Ces bêtes subissent un stress majeur lié à des trajets routiers de plusieurs centaines de kilomètres. Sur place, les chiots restent soumis aux nuisances sonores, aux courants d'air et aux manipulations incessantes d'un public nombreux. Pour la présidente de l'organisme, Reha Hutin, la situation devient insoutenable : "Il est scandaleux d'exposer des chiens et des chats de bras en bras, jusqu'à provoquer l'achat compulsif, tout en leur faisant subir des chaleurs insoutenables durant des opérations de transports."

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La législation contournée au nom du profit

L'enquête met également en lumière le contournement systématique des obligations légales encadrant la vente. Pour déclencher l'acte d'achat, des vendeurs proposent des paiements échelonnés allant jusqu'à 12 mensualités, sans évaluer le profil ni les capacités d'accueil des acheteurs. Le délai légal de réflexion de sept jours, instauré par le certificat d'engagement et de connaissance, se retrouve régulièrement ignoré au profit d'une cession immédiate. 

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Face à ces constats, Reha Hutin a adressé le 17 septembre 2026 un courrier officiel à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, fustigeant ces "temples de la marchandisation" et dénonçant "une marchandisation poussée à son paroxysme" pour exiger l'arrêt définitif de ces foires.

Entre vide réglementaire et bras de fer politique

Cette offensive met en évidence une faille dans le dispositif législatif actuel. Promulguée pour enrayer les dérives commerciales, la loi du 30 novembre 2021 interdit la vente de chiens et de chats en animalerie depuis le 1er janvier 2024. Toutefois, le législateur a laissé subsister une dérogation dans le Code rural pour les manifestations temporaires et les foires agricoles, créant une disparité juridique contestée.

Du côté de l'exécutif, la réponse reste pour l'instant mesurée. Présenté le 28 juillet 2026 à Matignon par Sébastien Lecornu et Annie Genevard, le plan gouvernemental contre la maltraitance animale prévoit uniquement un renforcement des contrôles administratifs par les services vétérinaires d'ici le 1er octobre 2026. Une simple intensification jugée largement insuffisante par les défenseurs des animaux, qui pointent le manque d'effectifs pour inspecter chaque événement de week-end.

Les acquisitions impulsives réalisées sur ces stands nourrissent directement les vagues d'abandons. Dépourvus d'information préalable sur les contraintes d'éducation, de nombreux acquéreurs délaissent leur animal quelques mois plus tard, saturant un peu plus les refuges français. Face à cette situation, la pression citoyenne s'amplifie : des pétitions sont déposées à l'Assemblée nationale, tandis que des mobilisations locales ont déjà entraîné l'annulation de salons à Salon-de-Provence et Dijon, esquissant une future bataille parlementaire.

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