"Salles de shoot" : douze maires de gauche réclament leur ouverture urgente face à la prolifération du crack

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/10/2026
Salle de shoot
abacapress
© ANDBZ/ABACA
Face à la prolifération du crack dans l'espace public, douze maires de gauche pressent Matignon d'accélérer l'ouverture de haltes soins addictions pour répondre à l'urgence sanitaire et sécuritaire.

La pression monte d'un cran sur l'exécutif face à la multiplication des scènes de consommation de stupéfiants dans les grandes métropoles. Réunis autour d'un front commun, plusieurs édiles refusent de gérer seuls les conséquences de ce fléau et exigent un soutien immédiat du pouvoir central.

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L'initiative rassemble une coalition municipale inédite rapporte Le Figaro. Emmenés par le maire de Lyon Grégory Doucet, douze collègues de gauche ont transmis une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu. Les signataires réclament un assouplissement réglementaire immédiat et une accélération de l'ouverture des haltes soins addictions (HSA) sur l'ensemble du territoire (les onze autres élus sont à la tête des municipalités de Paris, Marseille, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Lille, Rennes, Villeurbanne, Grenoble, Tours et Nancy).

Cette démarche collective répond à une situation particulièrement tendue sur le terrain. Dans la capitale des Gones, le quartier de Gerland subit depuis la rentrée une explosion du trafic et de l'usage de drogues à ciel ouvert. Selon les alertes remontées par les riverains et les associations, les tensions quotidiennes s'accentuent, avec des démarches agressives des dealers ciblant parfois de très jeunes publics, ce qui alimente un fort sentiment d'insécurité.

Face à cette détresse sanitaire et sécuritaire, les maires signataires demandent formellement à l'État de sortir de son attentisme. Ils exigent le déblocage rapide des financements publics et la délivrance facilitée des autorisations administratives pour déployer ces espaces médicalisés. Les élus rappellent que la gestion de l'ordre public et la santé relèvent avant tout des prérogatives de l'État.

Un cadre expérimental bloqué face aux réticences locales

Le dispositif reste pourtant corseté dans un régime juridique précaire. Issu de la loi de santé de 2016 sous l'appellation de salles de consommation à moindre risque, puis rebaptisé en 2021, le modèle des HSA bénéficie d'une expérimentation prolongée par le Parlement jusqu'au 31 décembre 2027. Pourtant, le réseau stagne : la France ne compte que 2 structures actives, situées à l'hôpital Lariboisière à Paris et au sein des Hôpitaux universitaires de Strasbourg.

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Ce blocage administratif contredit pourtant les évaluations des autorités sanitaires. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié en janvier 2026 préconise la pérennisation et le déploiement élargi de ces haltes. Selon l'Igas et la Défenseure des droits, ces espaces encadrés par des soignants réduisent directement la mortalité par overdose, limitent la transmission des virus infectieux et diminuent la visibilité des scènes de consommation dans la rue.

Malgré ces arguments médicaux, l'implantation de nouveaux sites suscite une très vive opposition locale. De nombreux collectifs d'habitants et d'associations de commerçants redoutent la fixation définitive des réseaux de trafiquants aux abords de ces structures, craignant des dégradations continues de leur cadre de vie. Le gouvernement se retrouve ainsi confronté à un arbitrage complexe, pris en étau entre la gestion des détresses médicales et la préservation de la tranquillité publique.

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