31 juillet : le jour où Jean Jaurès fut assassiné… et où une voiture roula sur la Lune pour la première fois

La une d'un journal d'époque sur l'assassinat de Jean Jaurès
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Sous la protection de la Saint-Ignace, le 31 juillet s'illustre dans les annales comme une date de ruptures brutales et d'évasions spectaculaires. C'est une journée où la paix mondiale s'est effondrée sous les balles à Paris, tandis que des décennies plus tard, le sort de l'Empire colonial français prenait un tournant diplomatique salvateur. Sans oublier qu'au-delà de notre atmosphère, deux hommes s'apprêtaient à enfreindre les limites de l'exploration à bord d'un véhicule des plus insolites.

31 juillet 1971 : Le premier "road trip" de l'humanité sur la Lune

Une photographie historique montrant le premier rover lunaire sur le sol gris de la Lune, avec un as
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Le 31 juillet 1971, l'humanité s'offre une balade dominicale d'un genre tout à fait inédit. Alors que la mission Apollo 15 bat son plein, les astronautes américains David Scott et James Irwin déploient une drôle de machine dans le cratère lunaire : le tout premier rover électrique, affectueusement surnommé la "Jeep lunaire". Fini les bonds laborieux dans la poussière grise, place à l'exploration motorisée !

Ce buggy spatial au design minimaliste a permis aux deux pionniers de parcourir plus de 27 kilomètres en plusieurs sorties, le tout à une vitesse de croisière fulgurante de 10 à 12 km/h. Si l'allure peut prêter à sourire aujourd'hui, elle représentait alors une prouesse technologique inouïe. Un petit pas pour l'homme, certes, mais un premier créneau historique magistralement réussi dans l'immensité de l'espace !

31 juillet 1914 : L’assassinat de Jean Jaurès, le crépuscule de la paix

À la veille du mois d'août 1914, l'air est lourd et chargé de menaces dans les rues de Paris. Au Café du Croissant, dans le deuxième arrondissement, le leader socialiste Jean Jaurès dîne avec ses collaborateurs du journal L'Humanité. Fervent pacifiste, il tente par tous les moyens d'empêcher l'engrenage des alliances qui précipiterait l'Europe dans la guerre. Mais à 21h40, deux détonations retentissent. Raoul Villain, un étudiant nationaliste, vient de tirer à bout portant.

La mort de Jaurès provoque une onde de choc immédiate. Le dernier grand défenseur de la paix abattu, les espoirs de diplomatie s'éteignent avec lui. Dès le lendemain, la mobilisation générale est décrétée et la gauche française, autrefois opposée au conflit, rallie l'"Union sacrée". La France bascule irrémédiablement dans le carnage de la Première Guerre mondiale.

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Cette boucherie sans précédent, qui décimera toute une génération, poussera d'ailleurs le pays exsangue à prendre des mesures radicales pour rebâtir sa population quelques années plus tard.

31 juillet 1920 : La natalité érigée en loi et l'interdiction de l'avortement

Au sortir de la Grande Guerre, la France est un pays meurtri, hanté par la perte de près d'un million et demi d'hommes. Pour répondre à l'angoisse du déclin démographique face à une Allemagne toujours perçue comme une menace, les autorités lancent une véritable croisade nataliste. C'est dans ce climat de "revanche des berceaux" qu'est votée la loi du 31 juillet 1920, un texte d'une sévérité implacable.

Cette législation ne se contente pas de criminaliser sévèrement l'avortement ; elle interdit également toute "propagande anticonceptionnelle", privant les femmes du droit de disposer de leur propre corps. La vente et la promotion de moyens de contraception deviennent des délits passibles de prison. L'État entend ainsi forcer la reconstruction de la nation à travers la maternité obligatoire.

Il faudra attendre l'évolution des mœurs et d'âpres luttes sociales, culminant avec les lois Neuwirth en 1967 et Veil en 1975, pour que cette chape de plomb soit enfin levée. Mais en attendant, la France de l'entre-deux-guerres tentait de cicatriser ses blessures, avant qu'un nouveau conflit mondial ne vienne à nouveau obscurcir le ciel de l'Europe.

31 juillet 1944 : Le vol sans retour d'Antoine de Saint-Exupéry

Une photographie d'époque en noir et blanc d'un avion de reconnaissance P-38 Lightning survolant la
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Alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin et que les Alliés préparent le débarquement de Provence, le commandant Antoine de Saint-Exupéry décolle de Corse à bord de son bimoteur P-38 Lightning. L'auteur mondialement célèbre du Petit Prince s'envole pour une mission de reconnaissance photographique au-dessus de la région d'Annecy. Malgré son âge de 44 ans et ses blessures passées, son patriotisme l'a poussé à reprendre du service. Il ne reviendra jamais à la base.

Sa disparition soudaine transforme l'écrivain-aviateur en légende. Abattu par la chasse allemande, victime d'une panne ou d'une perte de connaissance ? Pendant des décennies, le destin tragique de "Saint-Ex" alimente toutes les spéculations. Ce n'est qu'en 1998, avec la découverte fortuite de sa gourmette gravée par un pêcheur marseillais, puis l'identification formelle de l'épave de son avion en 2000, que le mystère maritime est enfin résolu.

Si les figures héroïques comme Saint-Exupéry ont marqué l'histoire militaire française, les lendemains de la guerre imposeront aux dirigeants politiques d'autres types de courages pour affronter la fin inéluctable de l'Empire.

31 juillet 1954 : Le discours de Carthage et le tournant de la décolonisation

Le 31 juillet 1954, le président du Conseil Pierre Mendès France atterrit à Tunis dans le plus grand secret. Le protectorat tunisien est alors en pleine ébullition, secoué par des violences nationalistes. Conscient de l'impasse militaire et fraîchement auréolé par la conclusion des accords de Genève qui mettent fin à la guerre d'Indochine, "PMF" décide de frapper un grand coup diplomatique.

Au palais de Carthage, face au bey de Tunis, il prononce un discours retentissant dans lequel il reconnaît solennellement "l'autonomie interne" de la Tunisie. C'est un coup de tonnerre politique. Par cette démarche audacieuse, Mendès France désamorce la crise et ouvre la voie à une indépendance négociée, qui sera officielle deux ans plus tard. Ce pragmatisme éclairé contraste douloureusement avec l'engrenage terrible qui, quelques mois plus tard, précipitera l'Algérie voisine dans une guerre impitoyable.

Tandis que la France réinventait péniblement sa place sur la scène internationale, c'est sur le bitume de ses propres routes, des décennies plus tard, qu'elle allait devoir tirer les leçons de l'une de ses plus grandes tragédies civiles.

31 juillet 1982 : L'enfer de Beaune, la tragédie qui a changé la route

Une photographie d'époque d'un panneau d'autoroute indiquant Beaune sous une pluie battante la nuit,
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Au cœur de l'été 1982, c'est le grand chassé-croisé des vacances. La France roule vers le soleil, mais à 1h45 du matin, sur l'autoroute A6 à hauteur de Beaune, le voyage bascule dans l'horreur. Sous une pluie battante, un ralentissement brutal provoque un carambolage impliquant deux autocars transportant des enfants originaires de l'Oise, et deux voitures. Le choc disloque les réservoirs d'essence, déclenchant un brasier effroyable dans lequel les passagers se retrouvent prisonniers.

Le bilan est apocalyptique : 53 morts, dont 44 enfants. Ce drame indicible, le pire accident de la route jamais survenu sur le sol français, traumatise la nation tout entière. Les images des carcasses calcinées marquent durablement les mémoires et obligent les pouvoirs publics à agir en urgence pour que la route des vacances ne soit plus jamais un tombeau.

Les conséquences réglementaires seront immédiates et radicales : la vitesse maximale autorisée par temps de pluie est abaissée à 110 km/h, et les transports collectifs d'enfants sont formellement interdits lors des journées classées à haut risque.

31 juillet : Saint Ignace

Né en 1491 au château de Loyola, au Pays basque espagnol, Íñigo López de Loyola mène d'abord une vie de gentilhomme et de soldat. Sa vie bascule en 1521 lors du siège de Pampelune, où un boulet de canon lui brise la jambe. Durant sa longue convalescence, faute de livres de chevalerie, il lit la vie du Christ et celle des saints. Ce qui ne devait être qu'un passe-temps devient une révélation : il décide d'abandonner les armes pour se consacrer au service de Dieu.

Après une période d'ermitage à Manrèse, où il rédige les bases de ses "Exercices spirituels", il part étudier à l'Université de Paris. C'est là qu'il réunit autour de lui un groupe de compagnons fidèles, dont saint François Xavier. En 1540, ce groupe est officiellement reconnu par le Pape sous le nom de Compagnie de Jésus (les Jésuites). Saint Ignace, élu premier Supérieur général de l'ordre, consacre le reste de sa vie à structurer la Compagnie, à promouvoir l'éducation et à envoyer des missionnaires dans le monde entier. Il meurt à Rome le 31 juillet 1556. Il est aujourd'hui le saint patron des retraites spirituelles et des soldats.

Les saints du jour

En plus de Saint Ignace de Loyola, la date du 31 juillet permet d'honorer d'autres figures de l'Église :

  • Saint Germain d'Auxerre : évêque influent du Ve siècle, il fut un grand défenseur de la foi en Gaule et en Bretagne (actuelle Grande-Bretagne).
  • Sainte Hélène de Skövde : martyre suédoise du XIIe siècle, elle est la sainte patronne de la province de Västergötland.
  • Saint Justin de Jacobis : missionnaire lazariste italien du XIXe siècle, il est considéré comme l'apôtre de l'Éthiopie et de l'Érythrée.
  • Bienheureux Jean-François Jarrige de la Morélie de Puyredon : prêtre martyr sous la Révolution française, béatifié avec les martyrs des pontons de Rochefort.

Les célébrités portant ce prénom

Le prénom Ignace (ou ses variantes Ignatius et Ignazio) a été porté par des personnalités marquantes dans divers domaines :

  • Ignacy Jan Paderewski : célèbre pianiste, compositeur et homme d'État polonais, qui fut Premier ministre de la Pologne en 1919.
  • Ignazio Silone : écrivain italien majeur du XXe siècle, auteur du célèbre roman "Fontamara".
  • Ignazio Abate : ancien footballeur international italien, défenseur emblématique de l'AC Milan.
  • Ignatius Donnelly : écrivain et homme politique américain du XIXe siècle, célèbre pour ses théories sur l'Atlantide.
  • Ignace Gaston Pardies : prêtre jésuite français, physicien et mathématicien renommé du XVIIe siècle.
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