Retraites : David Lisnard veut geler les pensions supérieures à 2 200 euros et supprimer l'abattement de 10 %
La course à la présidentielle de 2027 s'accélère sur le terrain économique avec des propositions explosives pour le pouvoir d'achat des aînés. Le président du parti Nouvelle Énergie entend revoir en profondeur l'équilibre financier entre les générations en ciblant directement les revenus des seniors les plus aisés.
Les annonces de David Lisnard sur les pensions et la fiscalité des seniors
Invité le mardi 27 octobre 2026 sur le plateau de l'émission « Objectif Élysée 2027 » animée par Laurence Ferrari sur Europe 1 et CNEWS, le maire de Cannes David Lisnard a précisé ses orientations budgétaires. Le dirigeant politique a défendu une mesure forte de rigueur en affirmant : « Je ne propose pas un gel total des retraites, mais un gel des retraites de plus de 2200 euros ». Cette suspension de l'indexation sur l'inflation épargnerait les pensions plus modestes pour se focaliser sur les montants excédant ce seuil.
Le responsable politique remet également en cause le régime fiscal des aînés en ciblant l'abattement forfaitaire de 10 % accordé lors de la déclaration de revenus. Sur Europe 1, il a estimé que ce mécanisme prévu pour couvrir des frais professionnels peut « paraître bizarre pour des gens qui ne travaillent plus ». La suppression pure et simple de cette niche fiscale constituerait une hausse directe d'impôt pour de nombreux foyers.
En contrepartie de cet effort demandé aux retraités, David Lisnard promet une redistribution vers les salariés. Les marges de manœuvre budgétaires dégagées serviraient à réduire la Contribution sociale généralisée (CSG) prélevée sur les revenus du travail, afin de redonner immédiatement du pouvoir d'achat aux actifs.
Financer la capitalisation, rééquilibrer l'effort et faisabilité du projet
Cette stratégie vise à amorcer une refonte globale du système de prévoyance vieillesse. David Lisnard propose d'instaurer une retraite mixte, financée pour deux tiers sur la répartition et pour un tiers sur la capitalisation collective obligatoire organisée par branche professionnelle. Les sommes récupérées par le gel et la fin de l'abattement permettraient de financer le fonds de départ indispensable à cette transition.
Pour justifier cette orientation, l'élu s'appuie sur la fragilité démographique française. Le ratio actuel atteint seulement 1,7 cotisant par retraité, contre plus de 4 cotisants en 1960. Selon les projections portées par Nouvelle Énergie, ce taux risque de tomber à 1,4 cotisant par retraité d'ici vingt ans, une trajectoire jugée insoutenable sans transfert de charge.
Sur le plan financier, la facture s'avère lourde pour les retraités visés. La perte de l'abattement de 10 % élargirait l'assiette imposable, provoquant une augmentation d'impôt mécanique de plusieurs centaines d'euros chaque année. Cumulée au gel face à la hausse continue des prix, cette double peine réduirait nettement le pouvoir d'achat des bénéficiaires concernés. L'équipe du candidat chiffre le rendement initial de ces mesures entre 2 à 3 milliards d'euros dès la première année, intégrés dans un programme prévoyant 200 milliards d'euros d'économies publiques sur cinq ans.
Ce projet se heurte toutefois à une vive résistance politique. Toucher aux revenus des seniors représente un risque électoral majeur, comme l'ont prouvé les débats houleux à l'Assemblée nationale. La proposition suscite déjà de fortes réserves au sein de l'opposition et de la droite républicaine, rendant son adoption incertaine.
Voir les commentaires