Retraite : ces deux trimestres pour enfants qui permettront de partir plus tôt dès septembre
À compter du 1er septembre 2026, certains trimestres accordés au titre des enfants seront pris en compte pour accéder à la retraite anticipée pour carrière longue. Un second changement améliorera le calcul de la pension de nombreux parents.
Vous avez commencé à travailler jeune et élevé des enfants ? Jusqu’à présent, les majorations accordées au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation augmentaient votre durée totale d’assurance, mais ne permettaient généralement pas de compléter la durée cotisée exigée pour un départ anticipé.
Cette règle évolue pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants pourront désormais être considérés comme cotisés pour ouvrir un droit à la carrière longue. Selon l’estimation présentée par le gouvernement, plus de 13 000 femmes nées à partir de 1970 pourraient avancer leur départ grâce à cette mesure.
Deux trimestres pour débloquer une carrière longue
Dans le régime général, une mère peut obtenir jusqu’à huit trimestres supplémentaires par enfant : quatre au titre de la maternité et jusqu’à quatre au titre de l’éducation. Les modalités d’attribution dépendent toutefois de la date de naissance de l’enfant et des choix effectués par les parents.
Ces trimestres comptent déjà dans la durée totale d’assurance nécessaire pour obtenir une pension sans décote. Ils n’étaient cependant pas tous retenus dans la durée réputée cotisée exigée par le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.
Le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 corrige partiellement cette différence. À partir de septembre, les majorations ou bonifications accordées au titre des enfants pourront intégrer la durée cotisée, dans la limite de deux trimestres par assuré sur l’ensemble de la carrière.
Il ne s’agit donc pas de deux trimestres supplémentaires par enfant. Une personne ayant élevé trois enfants ne pourra pas faire compter six trimestres pour sa carrière longue : le plafond restera fixé à deux.
Jusqu’à six mois de travail en moins
Cette évolution peut être déterminante lorsqu’il manque seulement un ou deux trimestres pour atteindre la durée cotisée requise. Une personne qui remplissait toutes les autres conditions, mais à laquelle il manquait six mois, pourra potentiellement avancer son départ d’autant.
La mesure ne permet cependant pas de partir avant l’âge minimal correspondant à sa catégorie de carrière longue. Cet âge dépend du moment auquel l’assuré a commencé à travailler : avant 16, 18, 20 ou 21 ans.
Il faut également justifier d’au moins cinq trimestres avant la fin de l’année civile de l’âge concerné. Ce seuil descend à quatre trimestres pour les personnes nées entre octobre et décembre.
Si vous remplissez déjà la condition de durée cotisée sans utiliser ces majorations, votre date de départ ne sera pas avancée par cette mesure. Le nouveau calcul du salaire annuel moyen pourra néanmoins modifier le montant de votre pension.
Les pères peuvent-ils également en bénéficier ?
La réforme vise principalement à réduire les inégalités de retraite subies par les femmes, dont les carrières sont plus souvent interrompues à l’arrivée d’un enfant. Mais le texte fixe une limite de deux trimestres par assuré, sans réserver entièrement le dispositif aux mères.
Un père auquel des trimestres d’éducation ou d’adoption ont effectivement été attribués pourra donc les faire prendre en compte, sous réserve de remplir toutes les autres conditions de la carrière longue.
Le dispositif dépasse par ailleurs le seul régime général. Le décret mentionne notamment les fonctionnaires, les professions libérales, les avocats, les salariés et non-salariés agricoles ainsi que plusieurs régimes spéciaux.
Attention toutefois : les congés maternité indemnisés pouvaient déjà être retenus parmi les périodes réputées cotisées. La nouveauté concerne les majorations ou bonifications de durée d’assurance attribuées au titre des enfants.
La retraite calculée sur 23 ou 24 années
Le décret n° 2026-699 introduit une seconde évolution pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026. Dans les régimes calculant la retraite sur les meilleures années de revenus, le nombre d’années retenues est ramené à :
- 24 meilleures années pour le bénéficiaire d’une majoration ou d’une bonification au titre d’un enfant ;
- 23 meilleures années lorsque ces droits concernent au moins deux enfants.
Jusqu’à présent, le revenu annuel moyen était normalement calculé à partir des 25 meilleures années. Retirer une ou deux années peu rémunérées peut donc augmenter le salaire de référence utilisé pour déterminer la pension.
L’effet ne sera néanmoins pas identique pour tout le monde. Le gouvernement estime que cette modification améliorera la pension de plus de la moitié des femmes concernées. Les personnes dont les 23, 24 ou 25 années retenues présentent des revenus proches pourraient constater un gain faible, voire nul.
Cette réforme ne transforme pas non plus automatiquement les années d’interruption familiale en années rémunérées. Elle permet seulement d’écarter davantage d’années défavorables lors du calcul.
Comment vérifier si vous pourrez partir plus tôt ?
Commencez par télécharger votre relevé de carrière sur Info-retraite.fr ou sur le site de votre caisse. Vérifiez la présence de vos enfants, de vos périodes de maternité ou d’adoption et des trimestres d’éducation qui vous ont été attribués.
Un relevé de carrière incomplet peut réduire votre pension ou retarder votre départ. Contrôlez également les trimestres enregistrés au début de votre activité, puisqu’ils déterminent votre entrée dans le dispositif carrière longue.
Si une période manque, utilisez le service « Corriger ma carrière » lorsqu’il est accessible ou contactez directement la caisse concernée avec vos justificatifs. Il reste préférable de signaler les erreurs plusieurs mois avant son départ, les délais de régularisation pouvant être importants.
Enfin, la réforme n’est pas rétroactive : elle s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, et non aux retraites déjà liquidées avant cette date.
Sources
- Légifrance — décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026
- Légifrance — décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026
- Assurance retraite — évolution des droits liés aux enfants
- Sécurité sociale — présentation des mesures du budget 2026
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