Reprise de Duralex : la justice tranche en faveur de Cédric Meston et sauve 155 emplois

Publié par Stéphane Leduc
le 14/10/2026
lucie castets visite l'usine duralex - orléans
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Le tribunal de commerce d'Orléans a validé ce mercredi 14 octobre 2026 l'offre de reprise de Cédric Meston, soutenu par Xavier Niel, pour relancer la célèbre verrerie Duralex. Ce projet industriel de 16 millions d'euros préserve 155 emplois à La Chapelle-Saint-Mesmin mais entérine l'échec définitif de la Scop : découvrez les détails du verdict et les transformations attendues pour sauver ce fleuron national.

Le suspense a pris fin dans les couloirs du tribunal de commerce d'Orléans. Après des mois d'incertitude et l'effondrement du modèle coopératif, la célèbre manufacture du Loiret connaît enfin l'identité de son nouveau propriétaire.

Ce délibéré très attendu met un terme au cinquième redressement judiciaire traversé par l'entreprise en deux décennies. Entre soulagement financier et amertume sociale, une nouvelle page s'ouvre pour le fabricant des verres de notre enfance.

Le tribunal de commerce d'Orléans choisit la holding Tomé

Le verdict est tombé ce mercredi 14 octobre 2026 à 14 heures. Les magistrats consulaires ont attribué les actifs de la verrerie à la holding Tomé, dirigée par l'entrepreneur Cédric Meston, écartant le dossier concurrent porté par le groupe stéphanois Carlesimo.

Le repreneur désigné n'a pas caché son enthousiasme dès l'annonce officielle : « C'est gagné ! Nous sommes les nouveaux propriétaires de Duralex », a réagi Cédric Meston auprès de l'AFP. L'offre retenue bénéficiait dès le départ d'un avis favorable de l'intersyndicale.

Sur le front de l'emploi, le dénouement s'accompagne d'un sentiment partagé. Le projet assure la sauvegarde de 155 salariés sur les 219 postes en CDI, soit la préservation de plus de 70 % des effectifs. Les équipes accueillent néanmoins cette victoire avec retenue, alors qu'un plan de sauvegarde de l'emploi va orchestrer le départ forcé de 64 collègues.

Un tour de table financier de 16 millions d'euros pour clore les faillites

Pour remettre la manufacture à flot, le repreneur déploie un plan de financement global de 16 millions d'euros. Ce montage réunit 10 millions d'euros de fonds privés, abondés par Cédric Meston et par la holding NJJ Capital de Xavier Niel, ainsi que 6 millions d'euros de prêts publics. L'État injecte 4 millions d'euros, complétés par 1 million d'euros de la Région Centre-Val de Loire et 1 million d'euros d'Orléans Métropole.

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Cette injection massive marque la fin brutale de l'expérience en Scop démarrée à l'été 2024. Le modèle de gestion ouvrière s'est heurté de plein fouet à la flambée des tarifs du gaz indispensables pour alimenter les fours, provoquant une asphyxie rapide du fonds de roulement.

La reprise s'opère par une cession d'actifs à la barre du tribunal. Ce mécanisme isole la nouvelle structure : le tandem repreneur ne supporte ni le passif financier accumulé, ni les suites de l'enquête pénale menée par le parquet d'Orléans sur l'ancienne gouvernance.

Modernisation des gammes et garanties pour les équipes en place

La direction entrante entend réviser en profondeur la gestion industrielle. Pour enrayer les pertes, l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin va rompre avec la surproduction à bas coût, épurer ses stocks dormants et miser sur des produits à plus forte valeur ajoutée, tout en pérennisant les modèles historiques Gigogne et Picardie.

L'accord consulaire entérine un ensemble d'engagements sociaux fermes : un moratoire de 24 mois sans licenciement économique et une priorité de réembauche pour les salariés non conservés. L'outil industriel reste sécurisé grâce au rachat des murs par Orléans Métropole pour 5,6 millions d'euros, assorti d'un crédit-bail à loyer progressif.

La feuille de route industrielle impose désormais une rigueur sans faille. Cédric Meston mesure l'attente générale : « C'est une vraie responsabilité, on fera tout pour être à la hauteur et que la société soit pérenne » (AFP). De son côté, François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, rappelle être « très attentif à la dimension sociale » pour soutenir des salariés « qui ont vécu de nombreux traumatismes » (AFP).

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