Record d’IVG en 2025 : 259 400 interruptions, 50 ans après la loi Veil
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) a publié son bilan annuel ce 22 septembre 2026. Cette étude met en lumière une transformation profonde des pratiques médicales et une hausse continue du recours à l'avortement sur le territoire national.
Un nombre record d'interruptions de grossesse confirmé par la DREES
L'organisme statistique officiel dénombre précisément 259 416 interruptions volontaires de grossesse en France durant l'année 2025. Ce niveau historique représente une progression de 2,9 % par rapport à l'année précédente, confirmant la tendance haussière observée depuis plusieurs exercices. Le taux de recours global atteint désormais 17,8 ‰ chez les femmes âgées de 15 à 49 ans. Comme le souligne la DREES dans son rapport, « le taux de recours à l'IVG poursuit sa hausse et atteint 17,8 ‰ en 2025 ».
Les données révèlent également de fortes disparités selon l'âge des patientes. Les taux de recours demeurent les plus soutenus chez les jeunes adultes, atteignant 30,3 ‰ chez les 25-29 ans et 29,7 ‰ chez les 20-24 ans. L'étude note par ailleurs une reprise notable de la progression chez les jeunes femmes de moins de 25 ans, infirmant le repli constaté lors des périodes précédentes.
Révolution médicamenteuse et virage ambulatoire
Le paysage médical de l'avortement a profondément changé en deux décennies. La méthode médicamenteuse représente désormais 81 % des interventions en France, contre 68 % en 2017 et seulement 31 % en 2001. Cette prépondérance des protocoles chimiques a largement favorisé le transfert des actes hors des établissements hospitaliers. Selon les analystes de la DREES, « la hausse du nombre d'IVG est portée par les IVG médicamenteuses réalisées hors établissement de santé ».
Près de la moitié des interruptions de grossesse se déroulent aujourd'hui en cabinet de ville, alors que la totalité des actes s'effectuait en milieu hospitalier en 2004. Les sages-femmes libérales jouent un rôle déterminant dans cette nouvelle organisation. Autorisées depuis 2016 à prescrire et réaliser les IVG médicamenteuses, les sages-femmes de ville assurent aujourd'hui plus de la moitié des actes de ville et prennent en charge un quart de l'ensemble des avortements pratiqués dans l'Hexagone.
Démarches simplifiées et prise en charge intégrale des patientes
Ces évolutions structurelles facilitent l'accès aux soins et désengorgent les structures hospitalières. Les patientes peuvent s'adresser directement à un médecin généraliste ou à une sage-femme en cabinet de ville jusqu'à sept semaines de grossesse, soit neuf semaines après le début des dernières règles (aménorrhée). Si ce délai est dépassé, l'orientation vers un centre hospitalier permet une prise en charge par voie chirurgicale jusqu'au seuil légal de quatorze semaines de grossesse (seize semaines d'aménorrhée).
Le dispositif financier élimine toute barrière tarifaire. L'Assurance maladie assure un remboursement à 100 % avec dispense totale d'avance de frais. Ce tiers payant intégral couvre l'ensemble des étapes : consultations préalables, forfaits médicamenteux, bilans sanguins et échographies de contrôle. Pour les personnes mineures, le protocole garantit une stricte confidentialité avec dispense de consentement parental, sous réserve d'être accompagnées par un adulte de leur choix, tandis que le recours encadré à la téléconsultation renforce l'anonymat du parcours.
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