Municipales à Paris : Macron accusé de vouloir faire élire Rachida Dati

Publié par Matthieu Chauvin
le 19/03/2026
Emmanuel Macron
abacapress
© Billioux Yannick/ABACA
À l'approche du second tour des municipales à Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire accuse fermement l'Élysée d'avoir négocié le retrait de Sarah Knafo au profit de Rachida Dati, provoquant une onde de choc politique.

La course à l'Hôtel de Ville prend une tournure inattendue avant le scrutin décisif du 22 mars 2026. Alors que les équilibres électoraux semblaient figés au terme du premier tour, une violente passe d'armes oppose désormais le camp socialiste à la présidence de la République. Le spectre d'un accord en coulisses électrise ces tout derniers jours de campagne.

Un pacte secret dénoncé par Emmanuel Grégoire

Le 19 mars 2026, lors d'un débat télévisé particulièrement tendu sur BFM TV, le candidat de gauche a lancé une très lourde accusation. Emmanuel Grégoire reproche à Emmanuel Macron d'être intervenu personnellement pour obtenir le désistement de la candidate Reconquête, Sarah Knafo. Selon le camp de lui, cette manœuvre viserait à rassembler l'intégralité des voix de la droite et de l'extrême droite derrière la figure de Rachida Dati, dans le but affiché de faire chuter l'équipe municipale sortante (il aurait fait de même en pressant Pierre-Yves Bournazel).

Le ton employé par le prétendant à la mairie souligne la gravité de l'offensive politique. Emmanuel Grégoire évoque une "rupture morale historique", comme le rapporte Libération, fustigeant une forfaiture qui priverait les Parisiens d'un choix démocratique limpide. Sur le plateau de nos confrères, il a directement interpellé sa rivale en martelant : "Vous ne pourrez pas être élu dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l’extrême droite parisienne et nationale." Il a réitéré ce matin ses accusations sur France Info.

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Le retrait stratégique de Sarah Knafo

La mécanique de cette crise politique inattendue repose sur les résultats précis du premier tour organisé le 15 mars. Sarah Knafo avait franchi le seuil de maintien au second avec 10,40 % des suffrages, menaçant directement Rachida Dati (25,46 %) d'une complexe triangulaire, voire quinquangulaire. Contre toute attente, la représentante de Reconquête! a déposé les armes le 17 mars, quelques heures avant la clôture officielle du dépôt des listes. Elle a justifié sa décision par sa volonté de "faire barrage à la gauche", selon ses déclarations relayées par Public Sénat, sans toutefois procéder à une quelconque fusion de liste (ce dont Rachida Dati ne voulait de toute façon pas).

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Du côté de la droite classique, les cadres repoussent catégoriquement toute idée de collusion. Rachida Dati, qui a réussi son alliance avec le camp présidentiel mené par Pierre-Yves Bournazel (11,34 %), refuse d'être associée à ce retrait polémique. Son entourage proche affirme avec fermeté à Valeurs Actuelles : "Nous avons toujours été très clairs, il n'y a aucune alliance avec Sarah Knafo."

Un duel final sous haute tension

Face à cette polémique qui enfle, le sommet de l'État a organisé une riposte immédiate. L'entourage d'Emmanuel Macron dénonce "un mensonge indigne et calomnieux." Une déclaration officielle transmise à l'AFP insiste vigoureusement : "Emmanuel Macron n’est pas intervenu pour le retrait de la candidate d’extrême droite Sarah Knafo au bénéfice de Rachida Dati à Paris." En parallèle, Sarah Knafo attaque à son tour, raillant la panique supposée d'Emmanuel Grégoire et l'accusant de sombrer dans le complotisme face à la dynamique des derniers sondages.

Pour les électeurs de la capitale, le paysage politique se retrouve fortement polarisé, et ce malgré le maintien obstiné de Sophia Chikirou (LFI, 11,72 %) qui prend le risque assumé de diviser le bloc de gauche. Les Parisiens devront trancher entre la continuité de l'union de la gauche dirigée par Emmanuel Grégoire (arrivé en tête avec 37,98 %) et l'alternance proposée par Rachida Dati. L'issue du scrutin dépendra grandement de l'attitude des votants face à cette digue républicaine prétendument fissurée, et de l'efficacité mathématique de ce désistement qui rebat toutes les cartes de l'élection.

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