Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon-Siciles : un couple royal qui divise la base électorale du RN

Publié par Matthieu Chauvin
le 21/04/2026
Jordan Bardella
abacapress
L'officialisation de la relation entre Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon-Siciles bouscule les équilibres du Rassemblement National.

En avril 2026, la une de Paris Match révélant leur escapade en Corse a mis fin aux rumeurs. Ce rapprochement inattendu entre le président du parti et la duchesse de Calabre intervient après des mois de discrétion. Il soulève de nombreuses questions sur la trajectoire personnelle et électorale de la figure de proue de la droite nationaliste.

De l'ombre à la lumière : une officialisation savamment orchestrée

Après la parution de clichés "volés" (ce n'était pas une "paparazzade" a-t-on appris) de leur séjour à Ajaccio et Bonifacio par le magazine le 9 avril 2026, l'homme politique a pris les devants. Invité sur le plateau du 20 heures de France 2 le 15 avril face à Léa Salamé, il a publiquement confirmé cette idylle. "Nous avons pris la décision tous les deux de ne plus nous cacher, d'assumer ce qui relève pour nous aujourd'hui, dans notre vie intime, de l'évidence", a-t-il déclaré, ajoutant avec sobriété : "Je suis très heureux."

L'Italie comme trait d'union : les racines d'une idylle

L'étincelle s'est produite en mai 2025 dans les tribunes VIP du Grand Prix de Formule 1 de Monaco. Au centre de leur attachement figure un héritage culturel commun : l'Italie. La mère du dirigeant est native de Turin, tandis que la princesse porte les titres de duchesse de Calabre et de Palerme. La famille de Bourbon-Siciles aurait d'ailleurs été séduite par l'italien "sans aucun accent" de l'eurodéputé, selon Point de Vue

Au quotidien, la jeune femme cuisinerait parfaitement la pasta all'amatriciana, le plat préféré de son compagnon, d'après Closer. Le 21 avril sur CNews, ce dernier décrivait une femme "extrêmement courageuse, intelligente, extrêmement élégante", soulignant sa "solidité."

La stratégie de la notabilisation sous le feu des critiques

Cette exposition s'inscrit dans une démarche politique méthodique. Sur Public Sénat, Philippe Moreau Chevrolet, expert de Sciences Po, identifie cette relation comme un "rite de passage" visant à lisser l'image du présidentiable. Le Monde et Marianne y lisent une tentative d'intégration aux cercles de la jet-set européenne. La manœuvre entraîne de nouvelles associations d'idées : le magazine Public compare ce duo à Donald et Melania Trump, renvoyant l'image d'un pouvoir fortement glamourisé. Mais faire la Une de Paris Match avant une campagne présidentielle (et après si l'on est élu...) est un passage quasi obligatoire depuis des dizaines d'années sous la Ve République pour tout homme politique, en couple, ou en famille.

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Le séisme sociologique : une fracture avec la France périphérique

Cette alliance avec la noblesse suscite des remous au sein de la base électorale historique du mouvement, souvent issue des milieux populaires. Sur RMC, dans Les Grandes Gueules, Flora Ghebali a fustigé cette évolution sociologique : "Il va se chercher non pas une bourgeoise, pas une aristo, il va se chercher une princesse !". Face à ces attaques, les cadres du mouvement font bloc. Dans Closer, Alexandre Loubet pointe du doigt un "mépris social" émanant des médias et dénonce une tentative de peopolisation jugée malveillante.

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