Décès d'André Santini, figure des centristes, à 85 ans

Publié par Matthieu Chauvin
le 01/06/2026
André Santini
Autre
© Ville d'Issy-les-Moulineaux
Le monde politique pleure la disparition d'André Santini, maire emblématique d'Issy-les-Moulineaux et figure tutélaire du centre, décédé à l'âge de 85 ans quelques semaines après son ultime réélection.

Une page de l'histoire politique locale et nationale se tourne définitivement ce 1er juin 2026. L'annonce de la disparition de l'ancien ministre suscite une vive émotion au sein de la classe dirigeante, marquant la fin d'une époque pour le département des Hauts-de-Seine. L'édile laisse orpheline une commune qu'il a façonnée à son image pendant près d'un demi-siècle, soulevant déjà la question de sa complexe succession politique.

Fin de règne pour le duc d'Issy peu après sa réélection

André Santini s'est éteint à l'âge de 85 ans, selon les informations communiquées par son entourage à l'AFP. Cette disparition survient de manière tragique quelques semaines seulement après sa victoire retentissante aux élections municipales de mars 2026. Ce dernier triomphe électoral confirmait son ancrage territorial exceptionnel, lui conférant un statut d'élu inamovible. Entré à la mairie en 1980, il détenait le record de longévité pour un édile dirigeant une ville de plus de 50 000 habitants, cumulant ainsi 46 ans de mandat ininterrompu.

Dès l'officialisation de son décès, les hommages se sont multipliés dans toute la région. Les élus locaux des Hauts-de-Seine et d'ailleurs, de tous bords, saluent la mémoire d'un gestionnaire hors pair, comme le rapporte le quotidien régional Le Parisien. Sur le plan national, les ténors de la droite et du centre rendent hommage à la perte d'un des derniers poids lourds de la vieille garde centriste. Selon France Info, de nombreux parlementaires soulignent la perte d'une boussole idéologique pour leur famille politique.

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Un bâtisseur visionnaire tiraillé entre humour et affaires judiciaires

Le nom d'André Santini restera indissociable de la transformation radicale d'Issy-les-Moulineaux. Sous son impulsion continue, cette ancienne banlieue industrielle est rapidement devenue la "Silicon Valley" française. Selon Les Échos, sa stratégie d'attractivité fiscale et technologique a permis d'implanter les sièges sociaux de géants du numérique tels que Microsoft, Eurosport ou encore Coca-Cola. L'élu aimait d'ailleurs résumer sa philosophie par cette formule, citée à maintes reprises par Le Figaro : "Issy-les-Moulineaux n'est pas une ville, c'est un état d'esprit."

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Cet homme de parti a également fortement marqué les instances nationales, d'abord au sein de l'UDF, puis de l'UDI. Son parcours ministériel débute lors de la première cohabitation de 1986 à 1988, période durant laquelle il occupe le poste de secrétaire d'État à la Communication sous l'autorité directe de François Léotard. Il retrouvera le gouvernement des années plus tard sous les présidences successives de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, s'illustrant notamment au ministère de la Fonction publique, rappelle Le Monde.

Son style détonnait profondément dans le paysage institutionnel français. Connu pour sa bonhomie naturelle, il maniait un humour redoutable pour désarçonner ses adversaires. Le fondateur du célèbre Prix de l'humour politique avait notamment déclaré au micro de RTL : "En politique, on ne succède qu'à des imbéciles, mais on est toujours remplacé par des intrigants." 

Il l'avait d'ailleurs remporté avec sa célèbre pique, datant de 2029 : "Juppé, à force de descendre dans les sondages, il va finir par trouver du pétrole."

La fin des poursuites avec le départ de l'amateur de cigares

La fin de sa riche carrière politique est toutefois entachée par des démêlés persistants avec la justice. Son implication dans la retentissante affaire de la Fondation Hamon a conduit à de multiples procédures pénales. La presse spécialisée rappelle notamment l'arrêt de la cour d'appel de Versailles prononcé en 2023, le condamnant pour détournement de fonds publics, indique Libération. Malgré ces condamnations judiciaires successives, l'homme, célèbre aussi pour son amour des cigares, refusait catégoriquement de quitter la scène publique, illustrant une résilience politique forgée par des décennies de combats territoriaux. 

L'action publique à son encontre s'éteint aujourd'hui avec lui. La municipalité d'Issy-les-Moulineaux devrait annoncer très prochainement les modalités des obsèques, afin de permettre à ses nombreux administrés de lui rendre un ultime hommage local. Par la suite, le conseil municipal devra se réunir pour lui désigner un successeur, ouvrant une ère inédite après presque un demi-siècle de santinisme.

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