Indochine face à son avenir : Nicola Sirkis sème le doute sur la fin du groupe
Le groupe de rock le plus populaire de l'Hexagone ne fait jamais les choses à moitié. Avec la sortie de leur double album Babel Babel, Nicola Sirkis et sa bande ont lancé une offensive scénique sans précédent. Mais derrière les projecteurs et les décibels, une petite musique se fait entendre : celle du temps qui passe pour le leader charismatique, qui n'hésite plus à aborder le sujet tabou de la retraite devant des milliers de spectateurs.
Un démarrage sous haute tension à l'Accor Arena
L'ambiance était électrique pour les premières dates à l'Accor Arena. Mais au milieu des tubes, une séquence a particulièrement marqué les esprits. Nicola Sirkis, qui a fêté ses 65 ans, semble avoir adopté une nouvelle posture : celle de l'autodérision sur sa longévité. Il ne cache plus ses cheveux gris ni ses interrogations. Sur scène, il a lâché cette phrase lourde de sens : "C'est peut-être la dernière fois qu'on se voit dans cette configuration, profitez-en car on commence à être vieux", a-t-il lancé lors de l'ouverture à Paris. Dans la fosse, la réaction des "Indofans" oscillait entre le rire nerveux face à l'humour du chanteur et une émotion palpable à l'idée que l'aventure puisse avoir une date de péremption.
Une tournée marathon aux statistiques affolantes
Si la retraite est évoquée, l'agenda, lui, ne désemplit pas. L'ère Babel Babel se traduit par une tournée titanesque de 108 dates à travers la France, un véritable marathon physique. L'engouement est tel que plus de 300 000 billets se sont arrachés en quelques heures, forçant la production à doubler ou tripler les soirs dans certaines villes.
Ce plébiscite s'explique aussi par une politique tarifaire immuable : Nicola Sirkis refuse les "packs VIP" exorbitants, maintenant des prix souvent entre 50 et 80 euros. Une fidélité récompensée qui surprend encore le groupe. "On a toujours l'impression d'être des débutants face à une telle demande, c'est assez irréel après tant d'années", confiait le groupe sur RTL en septembre 2024.
Le mystère d'une flamme qui ne s'éteint pas
Peu d'artistes peuvent se targuer de voir trois générations scander leurs refrains dans une même salle. Indochine réussit ce tour de force grâce à une exigence artistique constante. L'album Babel Babel, dont la pochette est signée par le photographe star David LaChapelle, prouve que le groupe ne se repose pas sur ses lauriers.
Au centre de cette machine, Nicola Sirkis reste le dernier membre originel, le gardien du temple et de l'éthique de la formation née en 1981 (qui a failli s'appeler "Les Espions" !). Lucide sur cette traversée des époques, il avouait au Parisien en septembre 2024 : "Je ne sais pas si on sera là dans dix ans. On profite de chaque instant comme si c'était le dernier".
Une hygiène de vie d'athlète pour repousser l'échéance
Pourquoi ce thème de la fin revient-il si souvent ? Peut-être pour mieux savourer le présent. Pour assumer des shows de près de trois heures soirs après soirs, le chanteur s'impose une discipline de fer. Loin des clichés du rock, son quotidien est fait de sport et d'un régime alimentaire strict.
Cette indépendance physique et mentale, construite en marge des diktats de l'industrie, est leur moteur. Sur le plateau de l'émission Quotidien (TMC), le leader a résumé sa philosophie actuelle : "On ne veut pas faire l'année de trop, mais tant que le plaisir est là et que le public nous suit, pourquoi s'arrêter ?". Une question qui laisse, heureusement pour les fans, la porte entrouverte.
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